lundi 26 avril 2021

Nouvelles du 2ème trimestre 2021

 Bonjour,

Après le confinement imposé, mais peu respecté au Brésil, nos enfants sont revenus à crianças do Mundo, heureux comme des rois de se retrouver et de retrouver adultes et activités. On les comprend quand on voit dans quoi ils vivent.  Mais on ne les a jamais oubliés ni laissé tomber pendant tout ce temps là. Visites dans les quartiers toutes les semaines, distributions de colis alimentaires, entre autres... Mais en 34 ans de Crianças do Mundo, nous n’avions jamais vu des dizaines d’enfants si heureux de se revoir , de jouer ensemble, de ne jamais se disputer ni de s’insulter ! C’était formidable ! Hélas, le Covid a repris beaucoup de force dans notre région, comme dans tout le Brésil d’ailleurs et, le 16 mars, il a fallu tout recommencer : rester à la maison, ne plus pouvoir venir à Crianças do Mundo, ne plus pouvoir ni jouer, ni être ensemble ! Bon, c’était pour 15 jours seulement, cette fois ! Mais ils n’avaient vraiment pas mérité cette punition.

Malheureusement, le Brésil est dirigé par un négationiste qui est contre le masque, contre l’interdiction des fêtes et rassemblements. Plus de 2.000 morts par jour, des vaccins commandés trop tard et qui n’arrivent pas...C’est comme ça ! Avec déjà plus de 270.000 morts au 15 mars, 1 an après la découverte de la Pandémie !

Mais cela ne nous empêchera pas de déguster un délicieux oeuf de Pâques offert par Cacau Show comme l’année passée et de vous souhaiter, du fond du coeur,


UNE TRÈS TRÈS HEUREUSE ET CORDIALE

FÊTE DE PÂQUES !


...et de vous dire, avec beaucoup d’espoir :

NE NOUS OUBLIEZ PAS !! NOS ENFANTS ONT FORT BESOIN DE VOUS !


Evelyne et Michel
       van der Meersch



Le COVID a perdu... mais de peu!!

Certains d’entre vous se souviennent peut-être de Ramon, un de nos enfants internes, accueilli chez nous à l’âge de 10 ans. C’était en 1995. Petit résumé de sa vie pour ceux qui ne l’ont pas connu à l’époque. Ramon est né dans l’état de Bahia, à Salvador. Son père quitte la maison, abandonnant sa famille. Sa mère le maltraite tellement qu’il fuit de la maison à l’âge de 7 ans. Retrouvé par la police, il est envoyé par le juge chez une tante qui habite l’état de Minas Gerais. Il n’y reste qu’un an et demi, sa tante trouvant trop lourde sa présence chez elle. Et il est finalement envoyé chez ses grands-parents paternels, dans notre ville de Coronel Fabriciano. Malheureusement, son calvaire n’est pas terminé. Il est maltraité par ses grands-parents, jusqu’au jour où, rentrant de l’école, Ramon trouve le peu de vêtements qu’il possède jetés dans la rue. Ses grands-parents lui crient par la fenêtre de s’en aller, qu’ils ne veulent plus de lui. Ramon a alors 10 ans ... Il a heureusement entendu parler de Crianças do Mundo par certains enfants de l’école. Il vient, seul, sonner à notre portail pour demander si nous n’aurions pas une place pour lui. Vous imaginez bien quelle est notre réponse, sans aucune hésitation.

Ramon vit parmi nous pendant une bonne quinzaine d’années. Pas toujours facile, ce qui est compréhensible vu l’enfance qu’il a vécue, il évolue cependant très bien et se montre un enfant très intelligent, terriblement volontaire et indépendant. Très bon élève, il se forme Ingénieur mécanicien à l’université à l’âge de 24 ans. Rapidement, il trouve du travail, parfois pour des contrats de quelques mois, parfois plus longtemps, un peu partout dans le Brésil. Il se fait une bonne expérience professionnelle pendant une dizaine d’années, lorsqu’en juillet 2020, il est engagé comme ingénieur à la compagnie “Vale”, une des plus grandes sociétés minières au monde, comptant près de 80.000 travailleurs. C’était un peu le rêve de Ramon et il y parvient enfin. Le côté un peu difficile : il est engagé pour aller travailler dans une nouvelle installation minière et pour cela, il doit partir dans l’état du Pará, dans le nord du Brésil, à près de 2.000 kms de chez nous. C’est dur, pour lui et sa jeune femme Renata, qui ne peut le suivre là-bas pour diverses raisons. Et pour nous, car nous sommes très attachés à lui et il va beaucoup nous manquer. C’est Ramon qui a été tellement présent et nous a tant aidés lors de la phase critique de la maladie de Michel il y a 4 ans, suite à une quatrième opération dont la récupération a failli être fatale. Il s’est montré à l’occasion plus qu’un fils, revenant vivre chez nous pendant 6 mois pour nous aider, Michel et moi. Sa façon à lui de nous rétribuer tout ce que nous avions fait pour lui, mais une attitude qui nous a profondément touchés et unis à lui encore davantage. Alors le voir partir ainsi au loin, c’est dur. Mais nous acceptons bien sûr, car nous savons que c’est une opportunité professionnelle formidable pour lui. 

En juillet 2020, Ramon part donc pour Carajás, dans l’état du Pará. La pandémie du Covid 19 bat son plein et la situation au Brésil est catastrophique. Ramon travaille partiellement sur le terrain et en majorité en télé-travail depuis l’hôtel où il est logé provisoirement par sa société. Nous sommes régulièrement en contact avec Ramon, grâce au service whatsapp de nos smartphones, moyen de communication si important lorsque l’on est distant de ceux que l’on aime. Le jeudi 3 décembre, en retrouvant Ramon pour bavarder un peu avec lui le soir, nous sentons qu’il ne va pas bien. Il tousse beaucoup, mais il nous rassure en nous disant qu’il a fait le test Covid, et que le résultat est négatif. Mais les jours suivants, son état empire et nous insistons pour qu’il aille à l’hôpital, ce qu’il finit par faire le lundi 7 décembre tellement il se sent mal. Il est examiné, fait quelques examens et le médecin n’hésite pas : il hospitalise Ramon sur le champ. Son état est déjà très sérieux : 39,5 de fièvre, douleurs terribles dans tout le corps, forte toux et les poumons déjà bien atteints,  entre 35 et 50%. Ramon est pris en charge et mis sous oxygène. Malheureusement, son état ne fait qu’empirer et le mercredi 9 décembre, il est transféré dans un autre hôpital mieux équipé. Sa société suit de près l’évolution de l’état de Ramon et c’est elle qui organise son transfert. Malgré tous ces efforts, Ramon ne va pas mieux, au contraire. Et finalement, le vendredi 11 décembre, les médecins de l’hôpital admettent qu’ils ne peuvent plus aider Ramon, par manque de moyens adéquats. Son état est trop sérieux et très inquiétant. Ils sont en contact permanent avec le médecin de la société où Ramon travaille, et ce dernier prend la décision de transférer Ramon une nouvelle fois. Cette fois, il sera transporté par avion médicalisé dans l’état voisin, Goias. Mais il faut l’intuber sinon il risque de ne pas supporter le voyage. Pendant tous ces jours-là, nous sommes en contact avec Ramon et Renata, suivant de près les événements. Et ce vendredi 11 décembre au soir, Ramon nous écrit vite un petit message : “Ils vont me mettre dans le coma et m’intuber. Ils vont me transporter ailleurs. Je vous embrasse. Je vous aime”. Cela sonne comme un adieu et ça fait mal. Impossible de décrire l’angoisse qui nous étreint. Nous lui répondons vite un petit message, mais il ne le voit déjà plus... Trop tard...Il est dans le coma ! Peu après, Renata nous téléphone. Elle nous dit que le médecin de la société de Ramon a pris contact avec elle et que Ramon sera transféré à l’hôpital Albert Einstein de Goiânia, capitale de Goais. Nous la sentons elle aussi terriblement inquiète et elle nous annonce qu’elle va partir à Goiânia.  Lorsqu’elle en a parlé à son lieu de travail, une banque, son directeur, très compréhensif, a non seulement été d’accord, mais lui a en plus réservé et payé le billet d’avion. Compréhension, générosité, solidarité ... combien ces qualités sont précieuses dans des moments si pénibles! 

Renata prend donc l’avion pour Goiânia le samedi matin, après avoir fait 5h de bus pendant la nuit jusqu’à notre capitale Belo Horizonte. En attendant son vol, elle reçoit un message du médecin de la société, lui annonçant que Ramon a fait son entrée à l’hôpital de Goiânia à 5h45 ce samedi matin. Elle-même arrive à l’hôpital le samedi à 11h30 du matin. L’équipe des soins intensifs est adorable et l’informe régulièrement de l’évolution de l’état de Ramon. Renata est en communication constante avec nous et nous transmet les informations. Ramon reste intubé jusqu’au dimanche 13 décembre. Son état évolue favorablement et les médecins décident de l’ôter de l’intubation, le laissant simplement sous oxygène pour aider ses poumons à récupérer. Ils sont agréablement surpris de l’évolution rapide de Ramon. Le virus a attaqué Ramon violemment et l’a envoyé en soins intensifs, dans le coma et intubé, en quelques jours. Mais heureusement, Ramon est un battant et il récupère très vite également. Sa jeunesse et son bon état de santé l’y aident certainement. Une fois sorti du coma, nous pouvons à nouveau communiquer avec lui par message, l’infirmière des soins intensifs nous permettant même de lui parler à certains moments. Quel soulagement de le revoir, vivant! En quelques jours, Ramon sort des soins intensifs pour une chambre et la semaine suivante, il est même libéré de l’hôpital. Il a perdu 10 kgs! Il passe 2 jours à l’hôtel avec Renata, afin de retrouver davantage de forces pour faire le voyage jusqu’à la maison. Il a reçu un mois de congé de convalescence. Il doit continuer les médicaments prescrits et la kinésithérapie respiratoire, car ses poumons ne sont pas encore guéris.

Aujourd’hui, 16 mars 2021, Ramon va bien. Il y a maintenant 3 mois qu’il a été attaqué par le Covid 19 et qu’il a failli en mourir. Trois mois de lente récupération et de reprise du travail. Mais encore aujourd’hui, Ramon sent qu’il n’a pas retrouvé sa forme physique d’avant la maladie. Il est vite fatigué et doit parfois s’octroyer des moments de repos. Ramon avait 35 ans lorsqu’il a contracté le virus. Sa jeunesse a certainement été un atout fondamental à sa récupération et sa guérison. Ce 6 mars 2021, il a eu 36 ans. Il est au Pará, loin de Renata, loin de nous, loin de tous. Nous lui avons bien sûr longuement parlé par message-vidéo. Lorsque nous lui avons demandé s’il comptait faire quelque chose de spécial pour son anniversaire, il nous a répondu que non, mais que ça n’avait aucune importance. Pour lui, le simple fait d’être passé par toutes ces souffrances et d’en être sorti vivant, c’est le plus beau cadeau qu’il puisse recevoir. Pendant son séjour de convalescence près de chez nous, il nous a dit un jour qu’il était vraiment heureux de s’en être sorti, mais qu’il avait eu beaucoup de chance. Sa société a pris tous les frais en charge, l’hospitalisant dans un excellent hôpital privé, un des meilleurs du Brésil. Dans le cas contraire, il ne serait plus là. Il a ajouté qu’il était triste de savoir que les dizaines de milliers de brésiliens décédés du Covid 19, n’ont pas eu sa chance. Qu’ils sont morts faute de soins adéquats dans les hôpitaux publics, soins auxquels ils auraient, eux aussi, dû avoir droit. Et que ce n’est pas juste ... Cette expérience a profondément marqué Ramon.

 C’est le même !!!


Le Brésil continue aujourd’hui de compter ses morts. Nous vivons le pire moment de la pandémie. En ce 16 mars 2021, 279.602 personnes sont décédées. Chacune de ces personnes manque à ses proches. C’est un père, une mère, un fils, une soeur, des grands-parents ... Nous avons ressenti dans la peau l’angoisse et la souffrance de presque perdre un fils. Nous avons eu la chance de le voir sauvé. Mais ces dizaines de milliers de gens, n’ont pas eu la même chance. Et nous souffrons pour eux, car nous imaginons leur douleur. En ce moment, le Brésil perd entre 1.500 et 2.000 personnes tous les jours, 10.000 rien que la semaine dernière. Les scientifiques alertent que, si rien ne change dans la politique sanitaire au Brésil, il peut y avoir autour de 500.000 morts. A chaque fois que nous entendons les chiffres, ça nous fait froid dans le dos et ça nous touche, profondément. Car nous nous mettons à la place de toutes ces familles, qui ne reverront plus jamais ceux qu’ils aiment. La crise est profonde, dramatique, catastrophique dans ce beau pays qu’est le Brésil. Et nous ne pouvons qu’espérer une amélioration de la situation. Notre Ramon est sauvé et nous souhaitons la même assistance et le même bonheur à beaucoup d’autres. Tous le méritent!

Evelyne


OBRIGADO, MERCI, DANK U, THANK YOU, GRAZIE, GRACIAS...

Nous en avions les larmes aux yeux!! Vous aviez entendu notre appel dans notre petit bulletin précédent ! Vous avez sauvé Crianças do Mundo, NOS ENFANTS, de la fermeture, du désespoir...Vous êtes formidables et, grâce à vous tous, nous pouvons continuer ! On croyait au miracle, avant que Michel ne s’en aille pour qu’il puisse partir serein, tranquille, heureux ! Merci à tous, du fond du coeur pour avoir participé à ce miracle ! Mais il faut continuer, hein, pour que nous puissions encore et encore aller de l’avant !


Nos enfants sont revenus du confinement tellement heureux de se retrouver, de pouvoir être ensemble à nouveau après presqu’un an de séparation.

Ils ont eu envers Michel tellement de démonstrations d’affection, tellement de petites attentions, qu’il en était tout ému ! Peut-être le Personnel avait-il parlé ?

Plus de disputes, plus de gros mots, plus (+) d’amitiés... Presqu’un paradis !!

Et c’est vraiment vous tous qui avez rendu cela possible ! On continue ? Ensemble ?


En bref

  • Une des Soeurs de la Providence de Peltre (France) qui étaient venues nous aider, il y a 25 ans,  Soeur Nicole, est malheureusement décédée ce 11 mars. Elle était, depuis plusieurs années, au service de la Paroisse où elle accomplissait un très beau travail missionnaire. Elle était, comme toutes les Soeurs, très aimée à Coronel Fabriciano. Merci, Nicole !
  • Nous aurons distribué en 2020 des centaines de colis alimentaires pour les familles de nos enfants . Beaucoup n’avaient plus rien, les parents ayant perdu leur emploi et donc leur salaire. L’Etat a bien agi, cette fois, en distribuant des petites aides financières chaque mois pour les plus pauvres,  environ 60.000.000 de Brésiliens ! Plus ou moins 100 euros par famille, par mois ! Pour eux, c’est déjà énorme !
  • Après un retard incroyable et inexcusable au niveau de la commande des vaccins, tout était presque prêt en janvier quand on s’est aperçu qu’on avait oublié un tout petit détail : commander les seringues avec aiguilles .... D’où, nouveau retard...C’est qu’il en faut 440 millions, au Brésil... 2 x 220 !
  • Le ministre de la Santé est un Général 3 étoiles qui n’a jamais eu aucun rapport avec la santé ! 
  • En janvier, à Manaus, des centaines de gens sont morts asphyxiés parce que les hôpitaux, non seulement n’avaient plus de places d’UTI, mais n’avaient plus une goute d’oxygène !! Ce fut un massacre !
  • Deux vilaines chutes de Michel le 24 février. Au niveau esthétique, le visage n’était pas beau à voir, tout en sang, mais rien de cassé, heureusement ! L’effet des médicaments et de la morphine pour le cancer , sans doute  et de vieux os encore super-solides !
  • 3 enfants de chez nous ont été en quarantaine pour Covid 19 de leurs parents, 1 pour Covid de sa soeur, et 3 de nouveau pour avoir attrapé le Covid !
  • Et il semble bien qu’on n’en soit qu’au début !
  • Le 14 mars, Evelyne et Michel ont fêté leurs 40 ans de mariage ! Dans une ambiance Covid,  cela manque un peu de sel, mais l’amour remplace !
  • Michel a été vacciné à domicile le 16 mars. Chic, non ?
  • L’Usine « CACAU SHOW », nous offre, cette année encore, 150 oeufs de Pâques pour nos enfants de Crianças do Mundo. Des oeufs de 200 gr chacun ! Formidable, non ?


Mon histoire avec Crianças do Mundo

« Si vous me le permettez, je ne veux pas être trop formel, j'aimerais que vous connaissiez un peu de mon histoire avec Crianças do Mundo. En certains moments, vous pourrez être un peu confus, car ma relation avec Crianças do Mundo s'est "fondue" à mon histoire avec Michel et Evelyne.

Je m'appelle Augusto Venâncio Miranda Silva, j'ai 35 ans, je suis marié, père de 3 enfants, et professeur de mathématiques. En juillet de 1995, je me souviens que je jouais avec un ami dans la rue et il m'a appelé pour aller JOUER dans un endroit appelé Crianças do Mundo. J'ai l'habitude de dire que c'est là que ma vie a changé et je ne le savais pas. Ce fut le jour, le mois et l'année où j'ai découvert Crianças do Mundo. A cet instant, j'ai connu Michel et Evelyne, au départ les deux personnes les plus étranges pour moi. J'étais INCAPABLE de comprendre le pourquoi de tant d'affection, de tant de gentillesse, de ce sourire, le pourquoi de tant de disposition envers moi. Evelyne avec un sourire qui embrassait, toujours douce. Michel, chez qui tous les gestes disaient : calme, je suis là. Impossible à comprendre.

J'ai alors fait partie de Crianças do Mundo, le second fils de trois à faire partie de cet idéal. Quelques années plus tard viendrait le troisième fils de la même famille à être "sculpté" par Crianças do Mundo. Oui, nous avons été trois frères d'une même famille à recevoir ce cadeau. Ainsi comme beaucoup, nous venions d'une famille très simple, avec les perspectives d'habitants de périphérie.

Je me souviens d'avoir connu pour la première fois un ordinateur à Crianças do Mundo, ainsi que des professeurs merveilleux, des employés qui deviendraient des amis, des jeux, de l'espace, la vie en commun, le respect. Enfin, en vérité c'était un rêve réel, un paradis comme beaucoup se souviennent aujourd'hui de Crianças do Mundo. L'expression que nous utilisons quand nous nous rencontrons (les anciens de Crianças do Mundo) est celle-ci : "Là, c'était le paradis".

Le temps a passé, et la phase d'être juste un enfant également. Comme j'étais devenu un des plus âgés, dans les années 2000, à l'âge de 15 à 16 ans, j'ai été invité à être moniteur des enfants, sous la supervision d'un professeur. Ce fut ma première expérience professionnelle, et depuis lors j'ai toujours travaillé avec une carte officielle de travail. C'est très difficile pour un jeune de cet âge-là d'être inscrit avec une carte officielle de travail. C'était déjà pour moi une vie différente, une opportunité différente de plus.

Déjà avec une responsabilité et des habitudes que Crianças do Mundo m'avait enseignées, ce travail comme moniteur m'a permis de rassembler une partie de l'argent nécessaire à payer mon tant rêvé cours supérieur. Quelques temps après, j'ai réussi à être approuvé pour le cours supérieur de mathématiques et j'ai commencé à étudier tout en travaillant comme moniteur.. Cependant, la réserve que j'avais faite pour payer la faculté n'a pas été suffisante; j'ai décidé d'arrêter mon rêve pour un temps afin de rassembler davantage d'argent. Mais Michel et Evelyne ont appris ma décision par un des professeurs, et une fois de plus ils ont changé le cours de mon histoire, de ma vie. J'avais fait, avec beaucoup de difficultés, un an de cours supérieur, et à partir de là, ils ont assumé les frais de mes études et j'ai pu continuer à réaliser mon rêve. Je me suis formé en 2005, et après une décision très difficile, j'ai demandé à être libéré de mes fonctions à Crianças do Mundo afin de chercher mon espace comme professeur de mathématiques dans la région. Aujourd'hui, j'ai le titre de Maître en Mathématiques par l'une des Universités Fédérales les plus reconnues de Minas Gerais et du Brésil. Je vis de ma profession et celle-ci me permet de construire ma famille. Alors, dans des moments de réflexion, j'ai l'habitude de regarder mes enfants et de me souvenir de Michel et Evelyne et de Crianças do Mundo. Dans ces moments-là, les yeux deviennent lourds, le coeur se serre  et la gorge se noue, mais c'est de bonheur et de reconnaissance, comme en ce moment. 

Mais, beaucoup plus que tout le support et l'aide matérielle nécessaires, restent les enseignements de la vie en commun, de cette gentillesse, affection, de cet amour qui étaient si étranges pour moi au début. Pour ces deux personnes étranges du début, restent l'admiration, l'amour que j'ai pour eux, qui ont dédié et dédient encore la vie pour l'autre. La traduction de ceci est l'Amour pour son prochain. Aujourd'hui, j'apprends à mes enfants tout ce que j'ai vécu et que j'apprends avec eux deux encore aujourd'hui. Mes enfants parviennent à me dire JE T'AIME, ce qui n'est pas du tout commun dans les familles brésiliennes. Le bisou, la gentillesse, l'abraço, l'affection soudaine ... Quelle merveille! Alors il est facile de comprendre que Crianças do Mundo n'a pas changé seulement ma vie, il a changé aussi la vie de mes enfants. »

Augusto Venâncio Miranda Silva


Ci-dessus, une lettre qu’a écrite Augusto à un couple d’amis belges formidables et généreux. Ceux-ci l’ont aidé merveilleusement, en lui offrant un nouvel ordinateur d'excellence. Outil de travail indispensable à un professeur d’université obligé de donner ses cours en télé-conférence en ces temps de pandémie. Il a tenu lui-même à écrire cette lettre de remerciement, tellement il était touché par tant de gentillesse et de générosité. Ce merveilleux cadeau lui permet de travailler avec ses étudiants de façon beaucoup plus professionnelle et sereine, et je vous assure que son bonheur fait plaisir à voir !

Certains se demandent encore pourquoi nous faisons ce travail, qui pour nous n’en est d’ailleurs pas un, c’est une passion. En lisant la lettre d’Augusto, vous comprendrez nos raisons. Que demander de plus ? En rendant nos enfants heureux pour la vie, vous ne pouvez savoir combien nous le sommes aussi !               

Evelyne



Le coût de la vie en 2020 au Brésil

Encore un gros ennui pour les plus pauvres en 2020. Outre les pertes d’emploi, le Covid 19 a provoqué une grimpée des prix gigantesque et inattendue !

Le feijão (haricot noir, base de l’alimentation au Brésil, avec le riz), augmentation de 18 à 45%

Le riz (base aussi) augmentation de 76 %

L’huile de soja (la plus utilisée pour tout) : augmentation de 103,8 %

Electricité : augmentation de 9,1 %

Et tout le reste de l’alimentation en général : 14, 1 %

Et on en passe...c’était hallucinant et aussi l’explication de la haute demande de colis alimentaires de chaque famille de nos enfants, familles parfois bien nombreuses et qui n’en sortaient pas. La veille de Noël, le 24 décembre, le père de notre petit Charlisson est venu chercher chez nous , sur un vieux vélo, un colis alimentaire. Cela pèse entre 25 et 30 kg. Il est reparti avec un grand sourire et en remerciant : au moins, demain, mes enfants auront de quoi bien manger ! Le jour de Noël !! 

Cet homme-là est analphabète et fait tout son possible pour trouver quelques sous. Il ne mandie, jamais mais fait de petit travaux par ci, par là, comme tondre une pelouse, tirer des mauvaises herbes, laver une voiture, n’importe quel travail. Un homme courageux ! Son fils aîné travaillait mais a perdu son emploi à cause du virus ! Un de plus ! Pouvons-nous les laisser crever de faim ? Les abandonner, laisser tomber notre gamin aussi ? Et voilà un des trous dans lesquels s’engouffre l’argent que nous recevons de nos amis de Belgique ! Au lieu d’aider 1 enfant, nous devons prendre en charge 1 famille de 5, 6 ou 7  personnes ! Et cela pendant des mois et des mois. Espérons que le vaccin va remettre un peu les choses en place et redonner du travail à tous ces pauvres gens !

Michel


mardi 22 décembre 2020

Nouvelles du 1er trimestre 2021

Bonjour,

On a envie de dire « ouf, cette année infernale 2020 est enfin passée, on va pouvoir respirer », comme si ce virus immonde vivait avec un calendrier ! Que sera 2021 ? Moi, je n’en sais rien. Elle peut être plus dure encore que l’autre ! Quelles seront les traces de 2020 dans les cerveaux de ces enfants confinés pendant 10 mois ? Je ne sais pas non plus mais j’en ai peur ! Reconstruire ces petits bouts d’hommes après cela sera sans doute un plus grand défi encore ! Quel monde nous attend, quelle moralité, quel QI sera majoritaire car on a l’impression terrible que les capacités intellectuelles de beaucoup sont descendues vertigineusement !!

Il ne nous reste qu’à nous relever à chaque étape et continuer, recommencer, reconstruire... On n’a pas beaucoup d’autres choix ! 

Je voudrais tellement partir en étant convaincu que tout va bien aller, que mes enfants sont dans de bonnes mains et aucun d’entre vous, nos amis depuis 40 ans ou un peu moins, ne les laissera tomber ou laissera ce travail inachevé ! Il vaut la peine et distribue tellement de sérénité dans nos coeurs !

C’est une fin d’année différente que nous vivons en ce moment. Ce n’est jamais arrivé et n’arrivera sans doute plus jamais ! Profitez de ces moments plus calmes, ces moments un peu dépressifs pour penser à tous ces enfants qui n’ont plus rien, s’ils avaient quelque chose, et bien souvent plus de famille, détruite par ce Covid19 !

Ne les abandonnez pas, car vous avez du coeur et que vous voulez qu’ils soient heureux pour pouvoir être heureux vous-mêmes ! !


HEUREUX NOËL  ET, NOUS L’ESPÉRONS, UNE MEILLEURE ANNÉE 2021 


             Evelyne et Michel

              van der Meersch