mercredi 22 juin 2016

Il vit pour toujours dans nos coeurs

Il s’appelait Northon. Il avait 9 ans. Il faisait partie de notre famille Crianças do Mundo . C’était un (notre) petit garçon  vraiment adorable et doux, avec un sourire désarmant, aimé de tous !

Il est parti ce 05 avril, vaincu par cette foutue leucémie !
C’EST TROP INJUSTE !

Nous sommes en janvier 2014. Les inscriptions pour les petits nouveaux ont commencé. Parmi les enfants qui désirent entrer à Crianças do Mundo, le petit Northon, 7 ans, se présente avec sa grand-mère, dona Cecilia. Michel procède à l’entretien avec lui et tout de suite, il décide d’ accueillir Northon chez nous.

Nous apprenons que sa grand-mère est en fait son arrière-grand-mère et que celle-ci, malgré une vie dans la pauvreté et les nombreuses difficultés, s’occupe de 4 arrière-petits-enfants. Northon répond en tout aux conditions pour entrer chez nous et il est accueilli sans hésitations.

Un maïs récompensé

Ceci est l’histoire d’un fermier qui a bien réussi sa vie. Année après année, il gagnait le trophée “maïs géant” à la Foire de l’Agriculture de son municipe. Il entrait à la Foire avec son maïs et il en resortait avec l’écharpe bleu couvrant sa poitrine. Et son maïs devenait à chaque fois meilleur.
Lors d’une de ces occasions, un reporter de journal, l’abordant après qu’il ait reçu une nouvelle fois l’écharpe de vainqueur, se montra intrigué sur la manière dont il cultivait son produit si qualifié et de grande valeur. Le reporter découvrit que le fermier partageait ses semences de maïs géant avec ses voisins.
- Comment pouvez-vous être disposé à partager votre meilleure semence avec vos voisins, sachant qu’il vont être en compétition avec vous chaque année ? – demanda le reporter.

Le fermier réfléchit un instant et répondit :
« Vous ne savez pas ? Le vent attrape le pollen du maïs mûr et l’emmène à travers les champs. Si mes voisins cultivent du maïs inférieur, la pollinisation dégradera continuellement la qualité de mon maïs. Si je veux cultiver du bon maïs, je dois aider mes voisins à cultiver aussi du bon maïs. » Son maïs ne pourrait pas s’améliorer si celui de ses voisins n’avait pas sa qualité améliorée également.
C’est ainsi également dans d’autres dimensions de notre vie. Ceux qui choisissent d’être en paix doivent faire en sorte que leurs voisins soient en paix. Ceux qui souhaitent vivre bien doivent aider les autres à vivre bien. Et ceux qui veulent être heureux doivent aider les autres à rencontrer le bonheur, car le bien-être de chacun est lié au bien-être de tous.

Que chacun d’entre nous parvienne à aider ses voisins à cultiver un maïs à chaque fois meilleur. Et que chacun trouve le bonheur et le partage avec les autres.

Le personnel

Vous le savez : notre plus grande ambition est d’aider nos enfants à grandir, à étudier, à se former pour qu’ils arrivent à avoir une bonne profession et ainsi fonder une famille heureuse. Ainsi se brise le cercle vicieux de la misère. Pourtant, si les enfants sont pour nous l’objectif principal, nous avons toujours voulu donner le petit coup de pouce aux membres les plus humbles de notre personnel et qui, malgré leur situation difficile , nous semblaient capables d’arriver à une meilleur situation. C’est ainsi qu’avec l’aide et l’appui moral et financier de Crianças do Mundo, plusieurs de nos femmes de ménage ont pu étudier et arriver à l’Université. Une d’elles est maintenant psychologue et coordénatrice du personnel éducatif de Crianças do Mundo, une autre a fait des études de Pédagogie et est maintenant professeur chez nous, d’autres encore se sont spécialisées en éducation. Toutes reçoivent maintenant un salaire bien meilleur et peuvent donner à leur famille un niveau de vie beaucoup plus convenable. Autant de familles sorties de la misère grâce à Crianças do Mundo, grâce à vous tous ! Et c’est un personnel qui n’oubliera pas et s’accroche à Crianças do Mundo par un lien tellement plus profond encore ! Celui de la reconnaissance et de l’affection.
Beaucoup de membres du personnel sont chez nous depuis plus de 20 ou 25 ans et la plupart des autres depuis  plus de 10 ans. Certains nous quittent pour des raisons de maladie ou d’âge, ou les deux.

Ainsi, Noraldo, Directeur Administratif depuis 29 ans, vient de nous quitter pour des raisons de santé mais d’âge aussi : 71 ans ! C’est un homme exceptionnel, vivant pour les autres, dévoué , généreux et qui nous a accompagnés depuis le début de Crianças do Mundo, nous aidant par sa connaissance de tout et de tous dans notre ville de Coronel Fabriciano. Nous étions étrangers et il nous a ouvert toutes les portes nécessaires pour un meilleur développement de l’Institution.                                                        
À lui (photo ci-dessus), notre énorme gratitude pour tout ce qu’il était. Il sera, d’ici peu, membre du Conseil d’Administration de Crianças do Mundo. 

À la Direction Administrative, c’est désormais  Leia, diplômée en Administration d’Entreprise et qui  travaille avec nous depuis 26 ans, qui reprend la fonction de Noraldo. Elle aussi est une personne formidable, qui sait ce qu’elle veut, a une poigne bien ferme pour ne pas se laisser intimider par qui que ce soit ! Mais est souriante et dévouée. Elle fait part des problèmes quand ils se présentent mais presque toujours avec les solutions ! Chouette, non ? La relève est bien assurée !

À Crianças do Mundo, chacun, enfant ou adulte, est important!

Michel

En bref...


  • La situation politique et économique du Brésil est de plus en plus grave. L’Économie est en récession tragique grâce à toutes les manoeuvres stupides du gouvernement du parti au pouvoir, surtout en 2014 , année d’élection...et, au niveau politique, la Justice est en train de dénoncer, juger et emprisonner de nombreux politiciens de haut ou très haut niveau pour corruption gigantesque au préjudice de la Compagnie Pétrolière de l’Etat, la Petrobras.
  • Nous fréquentons malheureusement beaucoup les hôpitaux pour l’instant et rencontrons beaucoup de jeunes médecins. Quasi tous nous disent que dans la situation actuelle du Brésil, ils aimeraient s’installer avec leur famille dans un autre pays car il n’y a plus d’avenir pour leurs enfants au Brésil !
  • La torche olympique est passée par notre ville. Quel jour glorieux et, bien sûr, les écoles avaient congé ainsi que tout le personnel communal ! Imaginez !
  • La Presidente Dilma Rousseff a été suspendue pour 180 jours par le Sénat Fédéral par une majorité des 2/3, période pendant laquelle elle sera jugée par ce même Sénat, présidé exceptionnellement par le Président de la Cour Suprême, accusée de crime de responsabilité. Elle ne parle que de Coup d’Etat alors que la Constitution a été pleinement respectée à toutes les étapes, contrôlées par le Suprême Tribunal Fédéral et cela en devient fatigant !
  • Il est un arbre qui n’existe qu’au Brésil et qui donne des petits fruits noirs (taille du raisin) qui apparaissent accrochés le long du tronc et des branches : c’est le « Jabuticaba ». Nous en avons plusieurs dans notre terrain. On mange ces fruits en recrachant la petite peau (pardon !) ou on en fait des confitures ! C’est délicieux !    
  • Autre chose tout à fait unique : nous avons un chien  qui arrive à aboyer SANS DISCONTINUER pendant 3 ou 4 heures pendant la nuit ! Comment ne se fatigue-t-il point ? C’est un mystère ! Mais dormir pendant ce temps ? Impossible ! Quant au chien, il dort  toute la journée !!  Il récupère, lui !
  • Nous avons dû licencier un de nos ouvriers (maçon, électricien, plombier...) qui, de toute évidence, était épuisé (il avait 67 ans). Il n’attendait que ça, le brave homme ! Car c’était un homme de grandes qualités. Il a été remplacé aussitot par un homme plus jeune, venant de la campagne mais possédant les mêmes qualifications. Les gens de la campagne sont toujours des gens très courageux !


Le chemin de la Vie

Depuis quelques temps, ma vie a pris une autre route, bien différente.

Le chemin que je parcours maintenant est un chemin tortueux, ardu, semé de cailloux, de trous, de pièges, et qui fait mal mais qui est bordé parfois d’une jolie fleur pleine de senteurs et de couleurs. Et chaque fois, cette jolie fleur me réconcilie avec ce foutu chemin. En l’accrochant dans mon coeur, tout parait plus simple, moins pénible et m’aide à continuer cette terrible route . Les pétales de cette jolie fleurs sont constitués de l’amour de ma petite femme, de mes enfants « de coeur », de ma famille, des amis et de toute l’affection des adultes qui m’entourent.

Notre centre d'activités pour enfants

En comparaison avec les écoles locales, notre Centre d’Activités fonctionne vraiment bien. Alors que règne un chambard incroyable dans les écoles, nous avons réussi à obtenir, chez nous, une discipline librement consentie car les enfants se sont vite rendu compte que, sans cela, la vie était infernale e pleine d’égoïsme et de violence. L’amitié et le sourire sont la règle, malgré 4 ou 5 gosses encore bien difficiles.

C’est pourquoi, notre plus grosse difficulté ne sont pas les enfants, mais bien les « adultes » et principalement ceux que l’on appelle normalement les « parents ».

Oui, nos aînés sont chouettes et responsables

On vous a déjà parlé d’Igor, un de nos aînés de 17 ans, qui travaille avec nous sous contrat mi-temps, l’autre partie de son temps étant consacré à l’école. Il peut ainsi payer lui-même ses dépenses personnelles.
Un autre de nos garçons, Marco Antônio, qui n’a que 15 ans, assume aussi pas mal de responsabilités auprès des plus jeunes et le fait avec sérieux, équilibre et un calme extraordinaire. En cela, il est même meilleur que son aîné Igor !


Igor (G) et Marco Antônio à droite    

C’est lui, Marco Antônio, qui  accompagne maintenant les bus du matin et de midi à la place de Michel (qui ne peut plus le faire pour question de santé) et fait cela très bien intervenant avec autorité quand c’est vraiment nécessaire ! Et ses interventions sont justes, pensées, adaptées aux circonstances. C’est remarquable et nous surprend parfois !

C’est lui aussi qui assume chaque jour la responsabilité  des  douches des enfants, souvent – mais pas toujours - accompagné de Michel.
On peut lui faire confiance en tout et nous en sommes fiers.
Marco Antônio est entré chez nous à l’âge de 8 ans et a toujours été parmi les meilleurs et les plus attachés.
Il a toujours été l’ami de tous et est très habile pour découvrir les problèmes de chacun. Sa famille est solide, il a 3 soeurs dont une jumelle avec laquelle, curieusement, il ne s’entend pas du tout, mais est bien aimé de tous les autres membres de cette famille.
Il est bien intelligent et rêve d’entrer dans l’école des cadets de la Marine Brésilienne. Il en fera l’examen d’entrée au début juillet mais il a peu de chances de réussir vu la fragilité de l’enseignement primaire et secondaire qu’il a reçu dans les écoles publiques de notre ville. Pour cela, il aurait dû se former dans une école particulière !
Magré tout, on lui souhaite bonne chance et on croise les doigts.

Ce jeune garçon mérite vraiment d’être heureux. Il le sera quoi qu’il choisisse dans sa vie ! C’est ce qu’on lui souhaite du fond du coeur ! Mais en attendant, il restera avec nous pour qu’il continue à nous donner un coup de main et que nous puissions lui donner le nôtre !

P.S. Marco Antônio apparait aussi (plus jeune) sur la photo de la page 3 de ce bulletin avec notre Northon.