mercredi 24 avril 2019

Nouvelles du 2ème trimestre 2019

Bonjour,

Un nouveau malheur nous est arrivé le 27 décembre dernier : le merveilleux Papa d’Evelyne est décédé ! Cette nouvelle si triste nous a fort secoués tous les deux, nous  qui l’aimions tant ! On vous en parle plus longuement en page 2.

Les mois de janvier et février furent terribles ici au Brésil ; une chaleur TOUS LES JOURS entre 35 et 40º, sans une goutte de pluie jusqu’au 20 février ! C’est vraiment difficile, parfois, surtout quand la santé est en mauvais état.

Mais une trentaine de joyeux petits gosses entre 7 et 9 ans sont entrés à Crianças do Mundo et cela se passe bien. Après les grandes vacances d’été ( décembre et janvier) tout ce petit monde est retourné à l’école où il y a toujours (bien sûr !) une montagne de problèmes dont le premier est le manque de discipline et de respect !

Chez nous, rien de tout cela : les enfants sont tellement heureux qu’ils acceptent facilement les heures d’études suivies de beaucoup de sports et autres activités.

Notre crainte à nous, c’est le ralentissement des dons qui viennent de Belgique face à l’augmentation de nos besoins en raison du nombre d’enfants toujours plus élevé !

Mais on reste optimiste puisque voilà plus de 32 ans que vous êtes à nos côtés SANS FAILLES !

Vous êtes formidables et nos enfants savent que vous êtes avec eux. On le leur dit souvent !!

UNE MERVEILLEUSE FÊTE DE PÂQUES À TOUS ! 


Adieu Papa !


Le 27 décembre 2018, notre papa nous a quittés. Il avait 88 ans. Après une chute le soir de Noël ayant provoqué une fracture du fémur, après une lourde opération le jour de Noël, il n’a pas résisté et après deux jours en soins intensifs, il est décédé.

Papa a été un homme infiniment bon, très sensible et humain. Durant toute sa vie, il a été attentif aux autres, serviable sans limites. Pour maman, il a été un bon mari, aimant et attentionné, et compagnon de vie fidèle pendant 64 ans. Pour nous trois, ses enfants, il a été le meilleur des papas. Il a vécu et travaillé dur pour nous, pour sa famille, pour que nous ne manquions jamais de rien. Il nous a transmis ses valeurs, le respect de l’autre, l’honnêteté, la droiture. Il s’est toujours beaucoup occupé de nous, en nous aidant pour nos devoirs, en jouant beaucoup avec nous. Nous avons passé tant de soirées ensemble à jouer à des jeux de société, ce qui était tellement plus gai que la télévision que nous n’avions heureusement pas. Combien de soirées à jouer aux cartes, que de parties de plaisir en jouant avec papa au monopoly ou au nain jaune. Que de souvenirs heureux! 
Je pense aussi souvent à toutes nos belles petites ballades quotidiennes ensemble, papa et moi, le long de la Meuse, lorsque je rentrais en Belgique. Nous bavardions alors tous les deux, ou nous nous promenions en silence, côte à côte. Je suis heureuse d’avoir eu ces beaux moments avec lui. J’ai toujours su que nous avions beaucoup de chance d’avoir un père si bon et attentif, mais je l’ai découvert encore plus depuis que nous vivons ici, au Brésil, et que je vois la tristesse de tous nos enfants qui n’ont pas de père, ou qui en ont un qui les maltraîte, qui boit, qui se drogue et ne leur donne que de la misère, de la souffrance et du malheur. Oui, nous avons eu beaucoup de chance d’avoir un tel papa pendant ces 88 années d’une vie bien remplie. Ce fut un bonheur pour nous d’avoir eu le père le plus merveilleux qui soit, un père que je souhaiterais à tous. 
Les dernières années de sa vie n’ont pas été faciles, à cause de sa maladie et de 5 ans de dialyse assez pénibles. Mais il a toujours fait face avec un courage exemplaire. Il repose maintenant en paix, un repos bien mérité. Papa nous manque déjà beaucoup et il est difficile d’imaginer que nous ne le reverrons plus jamais. Mais il restera pour toujours auprès de nous, là dans notre coeur. 
Evelyne

C'est ignoble

Vous vous souvenez sans doute d’Alisson, dont nous avons parlé dans une revue précédente. Il a été accueilli enfant à Crianças do Mundo et a depuis fait son chemin, avec beaucoup de travail, de courage et de détermination. Formé en Administration d’Entreprise, il a créé sa propre firme d’informatique. Commençant seul, réparant les ordinateurs de particuliers, il s’est toujours occupé de tous nos problèmes d’informatique. Il est très reconnaissant d’avoir été accueilli chez nous et dit toujours que sans ce passage essentiel, sa vie aurait été bien différente.

Depuis quelques années, la firme d’Alisson s’est bien développée et il a aujourd’hui une équipe de 24 techniciens engagés à temps plein. Leur travail actuel est l’installation d’internet par fibre optique et ça marche vraiment bien. Sa clientèle se développe de plus en plus et les résultats sont super : plus de problèmes de coupure d’internet!

Nous sommes le jeudi 21 février. Vers 21h45, coupure soudaine d’internet. Vers 22h, toujours rien. Le lendemain matin, rien. Nous téléphonons à Alisson qui vient sur l’heure. Il appelle quelques-uns de ses techniciens qui découvrent que les câbles de fibre optique ont été coupés, à la pince, dans notre rue et cela a affecté tout le quartier. Choqué, il ne comprend pas qui peut bien commettre un tel vandalisme qui lui coûte si cher. Il faut plusieurs heures à son équipe pour tout réparer. Deux jours plus tard, dans la nuit du samedi au dimanche, nouvel acte de vandalisme, beaucoup plus grave encore, car il affecte une dizaine de quartiers. Plusieurs câbles de fibre optique ont été coupés. Alisson appelle cette fois la police, car c’est trop grave. Les câbles ont été coupés tout en haut de poteaux électriques, au milieu d’un tas d’autres câbles. C’est donc manifestement quelqu’un qui s’y connaît. Il semble évident qu’il s’agit d’un concurrent, voulant faire du tort à Alisson.  Il y a 2-3 nouvelles petites firmes qui se sont ouvertes les derniers mois. Nous sommes absolument scandalisés et terriblement tristes pour Alisson. Il est si courageux et travailleur, il ne mérite vraiment pas ça. Alisson est très découragé, avec l’envie de tout laisser tomber. Il nous dit que c’est un secteur où la concurrence est terrible et sans pitié, même “sale”. Nous l’encourageons à ne pas abandonner, sinon ce sont toujours les mauvais qui gagnent. La police n’a pas encore découvert le responsable, mais Alisson a repris le dessus et a décidé de faire face à ce nouveau défi. Il a reçu plus de 250 messages d’encouragement et solidarité de ses clients ! Nous sommes à ses côtés, il le sait. Nous lui faisons confiance, il va le relever ce défi et il va le vaincre!

Evelyne

Nous avons besoin d'urgence d'un bus !

Notre bus de 53 places pour le transport 4 fois par jour de nos enfants (ou à l’école ou chez eux), notre bus, donc, a 28 ans d’âge et commence à donner des signes de vieillesse  et , de là, des frais d’entretien importants. Nous devrions en acheter un autre (d’occasion, bien sûr !) beaucoup plus jeune. Pour cela, nous aurions besoin de  (aie !) 20.000 € !


AIE !
Nous aurions besoin
de...20.000 euros !
On exagère, hein ?!

Notre vieux bus a 28 ans !

Mais les versements habituels de tous ceux qui nous aident ne peuvent  en souffrir car  Crianças do Mundo en a bien besoin pour vivre au jour le jour. Cette somme devrait donc être offerte EN PLUS ! Je sais que ce que nous demandons est énorme et n’est pas facile. Croyez bien que nous en sommes conscients ! Mais nos enfants habitent loin (la ville de Coronel Fabriciano a 25 km d’extension !) et ne peuvent venir chez nous que si on va les chercher ou à l’école ou chez eux, aller et retour. En plus, les rues sont spécialement dangereuses et des assassinats de jeunes (14-17 ans) ont lieu très très souvent. On ne peut donc pas faire autrement.
Voilà, on vous transmet quelque chose pratiquement impossible à réaliser , mais nous voulons y croire !!

Michel (vieux et usé lui aussi...) et Evelyne

L'école au Brésil

En 2018, les écoles primaires et secondaires de l’Etat ont souffert de grèves des professeurs pendant 55 jours (ouvrables !) . Certains professeurs entrent en grève, d’autres pas. C’est ainsi que les élèves vont à l’école normalement pour assister aux cours de ceux qui ne font pas grève ! Vous me suivez ? Donc, pour les élèves, cours tous les jours de grève mais avec des intervales énormes à cause des profs absents. Afin de récupérer leur salaire de ces 55 jours, les professeurs qui étaient en grève doivent donner cours les samedis, jours fériés etc... Résultat : les élèves qui ont , eux, été présents tous les jours seraient obliger d’aller en plus les samedis et jours fériés jusqu’à la moitié des grandes vacances à l’école pour cause des profs qui veulent récupérer leur salaire! La réponse : personne n’assiste au cours, pas d’élèves qui ne se sentent plus concernés, mais les profs sont présents seuls devant leur petit café, durant les heures obligatoires et cela vaut pour un jour normal de classe ! Une situation plus ridicule, IMPOSSIBLE !

Autre exigence de l’État au sujet des écoles : pour ne pas « traumatiser » un élève, le passage d’année est obligatoire ! Personne ne peut être « busé » . Le petit de 3e DOIT passer en 4e, même s’il a 0 dans toutes les matières, même s’il ne sait ni lire, ni écrire ce qui est fréquent !! Comme dans l’année suivante il ne possède aucune base pour suivre le programme scolaire, il chahute, ne fait rien et se retrouve complètement perdu. Et ainsi de suite chaque année jusqu’à la 9e année primaire (eh oui, il y en a 9 au Brésil). Il aura donc son diplôme de primaires sans savoir lire ni écrire , ni calculer, ni...réfléchir ! Et là oui, IL SERA TRAUMATISÉ jusqu’à la fin de sa vie ! C’est ABSURDE ! Mais il parait que la Belgique veut suivre le même chemin ?!

Le pire , c’est que pour les statistiques, les professeurs sont OBLIGÉS de mettre sur le bulletin officiel au moins la NOTE 50 sur CENT ! Même si le gosse n’a pas fait l’examen ou n’a mérité que 0 ! Ça, c’est un prof lui-même qui nous l’a dit sous couvert de l’anonymat . Génial pour améliorer les statistiques de l’Etat, non ? !!

Lettre de la Fondation Saint François Xavier

Ipatinga, 12 décembre 2018.                                                           FSFX

Office FSFX nº307/2018
Á l’Institution Crianças do Mundo

À Messieurs.
Noraldo Rego Pereira
Michel van der Meersch

Messieurs,

C’est avec satisfaction que nous vous envoyons la présente missive. Dès le premier contact de cette Direction de la FSFX ( Fondation Saint François Xavier) avec le projet social créé et géré par vous, nous avons perçu la beauté du travail e son importance sociale.

Il est notoire que ce magnifique projet, fruit de la générosité et de la persévérance de ses idéalisateurs e partenaires, a transformé et continue transformant la vie d’enfants nécessiteux de Coronel Fabriciano et région, en leur donnant le nécessaire pour leur développement, avec dignité et beaucoup d’affection.

Ainsi, la FSFX affirme qu’elle reçoit avec honneur votre proposition d’assumer le terrain sur lequel se développe cet excellent travail, avec la promesse de maintenir toujours son affectation sociale et d’y développer des  oeuvres qui bénéficient les communautés environnantes et, spécialement, les enfants.

Dans ce sens, c’est avec totale responsabilité , comme c’est la coutume à la Fondation St Francisco, que nous vous informons de notre effort dans l’objectif de rencontrer les sources de financement pour le développement de l’actuel activité et aussi pour d’autres qui pourraient être créées en faveur du public qui est touché  aujourd’hui par le projet « Crianças do Mundo ».

Ainsi, nous espérons présenter d’ici peu un projet viable et durable à l’appréciation du Conseil d’Administration de la FSFX. Après l’approvation du Conseil, nous pourrons consacrer notre compromis avec vous.

Sans plus, nous renouvelons nos voeux de haute estime et grande admiration, attendant notre rapide contact pour avancer dans nos pourparlers.

Luis Márcio Araújo Ramos
Directeur Executif de la Fondation Saint François Xavier

Crianças do Mundo dirigé par les Brésiliens

Depuis 2 ans déjà et après la démission de Michel comme Président, Crianças do Mundo est complètement dirigé par les brésiliens. Si Michel garde encore quelques petites activités avec les enfants (ça encourage !) et Evelyne continue à visiter écoles (et prof de chacun) et familles, tout le reste a été confié aux brésiliens, beaucoup collaborant depuis plus de 20 ans.

C’est ainsi qu’il y a donc un nouveau Président, Noraldo, qui ,après avoir été le Directeur Administratif  pendant plus de 30 ans et pris sa retraite, a assumé ce poste important et...gratuit !
Tout le reste du travail auprès des enfants est exercé par des professeurs diplomés en Pédagogie, une Psychologue, un  Directeur pédagogique , un Professeur d’Education Physique. Au niveau administratif, l’ancienne cheffe du Personnel est devenue Directrice administrative à la place de Noraldo et une comptable (licenciée en Administration) s’occupe de toute la comptabilité.

Il y a bien sûr aussi tout le personnel de cuisine et d’entretien, les chauffeurs pour le transport des enfants plus le personnel  technique qui s’occupe de la manutention générale de toutes nos divisions.

Il reste pourtant encore un poste important qui n’est pas encore assumé par les brésiliens : le côté « finances », important pour la survie de l’Institution et qui reste à charge de Michel et Evelyne et...de vous tous !!

Pour que Crianças do Mundo puisse continuer ce travail ambitieux auprès des enfants, il est essentiel de continuer à aider , plus et plus encore ! ET CELA, une fois  encore, EN VAUT VRAIMENT LA PEINE !