vendredi 21 décembre 2018

Nouvelles de fin d'année 2018

Bonjour,

Une fin d’année bien difficile, comme toujours,  avec un coût salarial bien élevé à cause du 13e mois (obligatoire !), les salaires de novembre et décembre, bien sûr, plus le paiement des congés (en janvier) de tout notre personnel pédagogique.

Mais les enfants vont bien et ont réussi leur année scolaire qui, ici, se termine début décembre. Décembre et janvier sont l’équivalent des grandes vacances d’été en Belgique et en France. Ils retourneront à l’école le 4 février, si tout va bien !

Mais Crianças do Mundo ne s’arrête pas et le mois de janvier sera consacré à l’entretien général des bâtiments et matériels.

Merci, du fond du coeur, de nous avoir tellement aidés tout au long de l’année nous permettant ainsi de continuer notre projet au profit de ces enfants qui le méritent tellement !

Oh, il y a bien, de temps en temps, des petits problèmes de désentente mais très vite l’amitié reprend le dessus ! C’est gai de les voir se réconcilier !!

Les enfants et nous, vous souhaitons, à vous tous et vos familles une

TENDRE FÊTE DE NOËL

pleine d’Espérance et 

UNE FORMIDABLE ANNÉE 2019 !



Une petite fille adorable


Elle s’appelle Alexia et est une petite fille de 10 ans. Alexia a été accueillie dans notre «  Centro de Convivência  » en ville, il y a 3 ans. D’une famille pauvre de quatre enfants, elle est la plus jeune. Deux de ses grands frères ont 19 et 21 ans et sont en fait ses demi-frères, du côté de sa mère.

Un autre frère, de 14 ans, a le même père qu’Alexia. Tous vivent dans la même maison avec la mère, dans une favela du centre-ville. Le père d’Alexia les a quittés  il y a déjà quelques années et a formé une autre famille dans la ville voisine, Ipatinga, à 25 km de notre ville de Coronel Fabriciano.

Dès son arrivée dans notre centre, Alexia s’est montrée une petite fille gentille, studieuse e volontaire. Ses deux frères aînés ne lui ont pas montré l’exemple; ils traînent toute la journée, n’étudient pas et ne travaillent pas non plus. Son autre frère de 14 ans ne fait rien de bon à l’école et n’y va que par obligation. L’intelligence, le courage et la volonté d’étudier d’Alexia sont admirables et étonnants, vu le milieu dans lequel elle vit. Sa mère travaille pour subvenir aux besoins de ses enfants et n’a guère le temps de s’occuper d’Alexia. C’est en elle que la petite fille a puisé ses ressources et trouvé cette volonté d’étudier et de se sortir de sa situation de pauvreté. Malgré son jeune âge, elle est très consciente que c’est pour elle le seul chemin à suivre pour pouvoir un jour améliorer sa vie .  Lorsqu’elle est à Crianças do Mundo, Alexia étudie et participe activement à toutes les activités diverses proposées. Elle s’entend bien avec tous les autres enfants accueillis, garçons et filles et n’a jamais donné aucun problème de comportement. Elle est d’ailleurs appréciée et amie de tous. Dans le courant de l’année dernière, à notre grand étonnement, Alexia a décidé d’écrire un petit livre, racontant l’histoire de Crianças do Mundo et de ce qu’elle y vit. Nous avons eu l’occasion d’en lire quelques extraits et avons trouvé très touchant tout ce qu’elle y raconte. On sent qu’elle adore y venir, qu’elle y est heureuse et espère pouvoir y rester encore longtemps.

Le destin, parfois bien cruel, en a hélas décidé autrement. Au début de cette année, la maman d’Alexia a commencé des problèmes de santé et on lui a découvert un cancer. Chacun sait le dur chemin à parcourir lorsque l’on a cette terrible maladie :  consultations, examens de toutes sortes, traitements divers et pénibles... et une vie quotidienne complètement bouleversée, pour toute la famille. Alexia parle régulièrement de sa maman et de sa maladie et on la sent très inquiète. Malgré ses soucis et sa préocupation, elle reste étonnamment la même petite fille, gentille et studieuse. Mais les jours passent et l’état de sa maman empire malgré les traitements. Alexia raconte qu’elle maigrit beaucoup et n’a plus de forces pour s’occuper de tout à la maison, ni même de ses enfants. Il va falloir trouver une solution pour eux tous.

Le père d’Alexia et de son frère de 14 ans a gardé le contact avec ses enfants et décide de prendre la situation en mains, sentant ses enfants dans la difficulté. Il a lui-même formé une autre famille et peut difficilement trouver une solution chez lui. Mais une de ses soeurs accepte d’accueillir chez elle la maman, Alexia et son frère et de s’en occuper. C’est vraiment généreux et formidable de sa part. Les deux aînés, d’un autre père et déjà adultes, vont rester dans leur maison et se débrouilleront seuls. Il faudra qu’il pensent à travailler et se prendre en charge.

Le problème pour Alexia est que sa tante habite assez loin de Coronel Fabriciano, dans une petite ville d’intérieur. Cela signifie pour elle perdre Crianças do Mundo et tout ce qu’elle y vit. Perdre l’amour, l’affection et l’amitié de tous, enfants et adultes. Perdre une chance de pouvoir aller le plus loin possible dans ses études, avec l’aide et le soutien de nous tous. Sa tante fait un geste formidable, d’une grande générosité, en les accueillant et en s’occupant d’eux. Mais elle n’aura sans doute pas les conditions matérielles d’offrir à Alexia des études supérieures toujours trop chères pour les familles pauvres. Alexia est vraiment triste de devoir tout quitter, mais elle n’a hélas pas le choix.

Ses derniers jours parmi nous à Crianças do Mundo sont tristes pour tout le monde. Nous ne reverrons sans doute plus Alexia, nous ne lirons pas la fin de son livre... Nous ne pouvons qu’espérer que sa maman s’en sortira, même si l’espoir est mince. Espérer aussi qu’Alexia restera cette petite fille courageuse, adorable et studieuse. Et qu’elle aura l’opportunité d’étudier le plus possible, comme elle le souhaite, pour bien s’en sortir dans la vie. Nous lui faisons confiance, le courage et la volonté ne lui manquent pas. Mais nous ne pouvons qu’espérer qu’elle trouvera sur son chemin d’autres personnes qui l’aideront à poursuivre sa route vers une avenir meilleur. Bonne chance Alexia!

                                                                          Evelyne

Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir et c'est en le donnant qu'on l'acquiert. (Voltaire)


La vie quotidienne de quelques uns de nos enfants


  • Júlio a bien souffert de la séparation de ses parents. Mais dès lors, il doit vivre avec son père qui boit et se drogue et menace son ex-femme de mort. Ce père est extrêmement violent ! Il ramène des femmes à la maison et Júlio doit assister à tout... La maison a 2 pièces !
  • Les parents de Leandro sont séparés. Il vit avec son père (qui est responsable) et sa grand-mère. Le père travaille souvent loin et ne revient que tous les mois pendant 2 ou 3 jours.
  • La mère est à moitié folle et tous ceux qui vivent avec elle complètement détraqués (boisson, drogue, etc...). Heureusement la grand-mère est assez bien !
  • Vinícius vit avec sa « mère » dans une porcherie !! Elle boit sans cesse et n’éveille jamais son fils de 10 ans pour aller à l’école le matin. Quand il n’arrive pas à s’éveiller tout seul, il rate l’école le matin et sa mère ,comme punition, l’empêche de venir à Crianças do Mundo l’après-midi. On vous en a parlé !
  • Uender vit avec sa mère dans une favela. Cette « mère » , obèse, ne fait rien sinon la cuisine de temps en temps. Elle a une quarantaine d’années et pourrait parfaitement travailler. Au lieu de ça, elle arrive à obtenir une pension pour le fils aîné (16 ans) qu’elle est arrivée á faire passer pour aliéné mental et a déjà perdu 3 enfants en bas âge pour manque de soins. Elle demande des colis alimentaires à tout moment.
  • Thales vit seul avec sa mère alcoolique. Son père vit aux USA où il a formé une autre famille ! Thales rate souvent l’école car sa mère cuve ses bières et ne le réveille pas le matin. Souvent Thales passe la moitié de ses nuits à courir de bar en bar pour retrouver sa mère et la ramener saoule à la maison ! Il a 10 ans !
  • João Henrique a une maman qui s’occupe très bien de lui. Son problème majeur : il est épileptique et doit être surveillé tout le temps . Il prend des médicaments très efficaces mais toute l’équipe est préparée pour  faire face à une crise éventuelle. Il a 9 ans et a bien le droit de vivre comme les autres !!


Et beaucoup d’autres cas de ce genre. Beaucoup de nos enfants vivent chez leur grand-mère, leurs parents s’en étant débarrassés de cette façon ! 90% d’entre eux ont des parents séparés et près de 100% de nos enfants connaissent les méfaits de la drogue, ayant un frère, un père, une mère, un oncle ou un cousin touchés par ce mal destructeur !

Heureusement, ce fléau de la drogue n’est encore JAMAIS entré à Crianças do Mundo ! On touche du bois, on croise les doigts et on est très TRÈS vigilant !

Des prénoms étranges !

Le choix du prénom est livre, au Brésil ! Il y en a de toutes les catégories, du plus étrange, antique , biblique, sympa, historique ou  ridicule au plus monstrueux ! En voici quelques exemples pris au long de nos 35 ans de vie au Brésil et parmi nos enfants ou notre peronnel :
Hitler, Melquisedeque, Mardeony,  Reykjavik, Maxsuell,  Júlio Cesar, Raylander, Belchior, Jeferson,  Rondinelle, Welington, Washington, Artaxerces, Madison, Gleicekelly, Weryclebson, Givago, Clyffton, Victor Hugo etc...etc...
Chouette, non ?

C'est pour rire !

Notre Bruno, avocat criminaliste déjà très renommé dans notre région (pleine de bandits et de trafiquants riches à défendre, sans parler des assassins...) nous a envoyé par WatsApp le texte suivant (que nous traduisons, bien sûr !) :

Les avocats ne doivent jamais poser de question à une vieille dame s’ils ne sont pas préparés à la réponse !

Pendant un jugement dans une petite ville, l’avocat de l’accusation appela son premier témoin, une dame âgée, à la barre. L’avocat s’approcha et, pour vérifier son état mental  il lui demanda : « Madame Antônia, savez-vous qui je suis ? «  Elle, avec la tranquillité de l’âge, répondit : « Oui, Maître Vargas, je vous connais depuis votre enfance et , franchement, je vous dis que vous êtes une grande déception pour vos parents ! Vous mentez sans cesse, vous croyez tout savoir, vous êtes arrogant, abusif, vous trahissez votre épouse et, le pire de tout, vous manipulez les gens ! Oui, Maître, je vous connais très bien... »

Un silence envahit la salle... L’avocat resta perplexe, sans savoir quoi faire !

Après un moment de réflexion, il montra la salle et demanda à la dame : « Vous connaissez l’avocat de la défense ? »  « Bien sûr que je connais Maître Carvalho ! Sa mère, devenue veuve récemment, n’est pas très fière de lui non plus. D’ailleurs, il vous ressemble beaucoup. En effet, en plus d’être tricheur et corrompu, il a des problèmes de boisson. Il trahit son épouse avec 3 femmes dont l’une d’elle est votre épouse. Oui, Monsieur, je connais Maître Carvalho... »

L’avocat de la défense en fut renversé ! Alors le Juge appela les deux avocats auprès de lui et leur dit: « SI L’UN D’ENTRE VOUS DEMANDE À CETTE VIEILLE SI ELLE ME CONNAÎT, JE VOUS FAIS ARRÊTER TOUS LES DEUX !!

Notre "Crianças do Mundo"

Début décembre, c’est la fin de l’année scolaire pour nos enfants et le début des grandes vacances d’été qui se termineront le 4 février si l’État n’en décide pas autrement comme au début de l’année 2018 quand la rentrée a été reculée de 15 jours !

Nous avons eu beaucoup d’entrées de petits nouveaux en 2018, près d’une cinquantaine. C’est toujours sympa, au début, avant que ne se fassent jours les problèmes (de famille ou autres) que chaque enfant amène avec lui ! Mais c’est aussi pour cela que nous existons et ça met du piment dans l’existence.

Parfois, ce sont des problèmes énormes, parfois « seulement » un manque total d’éducation de base. Mais ce sont souvent des petits bonshommes sympathiques qui ont seulement besoin d’amour, besoin que l’on s’occupe d’eux. Et ils changent très vite, montrent leur joie et leur bonheur d’avoir enfin découvert un havre de paix et de tendresse !

Presque tous reviendront en 2019. Seuls partiront ceux qui auront atteint l’âge pour vivre leur vie mais avec lesquels nous resterons toujours en contact et prêts à leur tendre la main.
Des problèmes, il y en a toujours, mais, avec une équipe aguerrie, cela se transforme en défis quotidiens que l’on affronte avec passion !

Le plus difficile est toujours de vaincre les défis financiers  mais avec votre aide, cela s’arrange toujours. Crianças do Mundo n’a JAMAIS eu de dettes, JAMAIS !! C’est un principe fondamental chez nous pour ne jamais perdre ses freins ! Ni nos enfants !

Les 15 et 16 décembre a eu lieu, comme chaque année, une confraternisation de tout notre personnel actuel et ancien avec familles et enfants dans une propriété louée à cet effet pour 2 jours. Un site enchanteur, pas loin de chez nous, avec une très grande maison pouvant héberger 50 personnes.

Chacun paie sa cote-part et tous  bénéficient de la piscine, d’un grand barbecue, des tas de jeux pour les enfants, bref un moment de vraie décontraction qui lie encore plus les personnes entre elles ! Tous en sont revenus enchantés ! On recommencera l’an prochain, en décembre. Ce sera la cinquième année !

dimanche 23 septembre 2018

Nouvelles pour le dernier trimestre de 2018

Au mois de juillet, une triste nouvelle nous a désarçonnés : le décès d’une personne que nous adorions !

A part cette très mauvaise nouvelle, ces trois derniers mois ne se sont pas mal passés. Vu le nombre d’entrées de petits nouveaux, nous avons dû contracter une nouvelle Professeur, spécialisée dans l’alphabétisation. Cela devenait urgent !

Au contraire de votre été-fournaise, nous avons eu un hiver très doux et le thermomètre n’est jamais descendu en-dessous de 13º la nuit et 23-24º pendant la journée ! Grâce aux joueurs belges (excellents, faut-il le dire !), les Brésiliens ont pu reprendre enfin leurs activités habituelles et penser à autre chose qu’à la Coupe du Monde ! Quant à nous, belges, nous n’avons reçu que des félicitations et aucune agressivité après ce match !

Petites vacances d’hiver (15 jours) pour les enfants et retour à l’école le 30 juillet ! Cela s’est passé sans problèmes (ou sans « soucis » comme on dit maintenant en Belgique !).
Beaucoup – adultes et enfants - ont été touchés par un sale virus (toux, fièvre..) dont on ne pouvait se débarrasser qu’au bout de 2 semaines de souffrance ! Quand on a déjà une immunité débilitée, c’est difficile !

La campagne électorale bat son plein pour les élections d’octobre (Président, Sénateurs   et Députés). On sent bien qu’on reprendra les mêmes et que l’on recommencera tout de la même façon.

N’oubliez surtout pas que nos enfants ont besoin de votre aide pour pouvoir sortir de leur misère. Ne nous laissez pas tomber, s’il vous plait !!

On vous embrasse.


     Evelyne et Michel
             van der Meersch 
               et les enfants