jeudi 8 juin 2017

Un mot d'Evelyne...

Bonjour,

Depuis 34 ans que nous sommes au Brésil, c’est toujours Michel qui a écrit cette introduction, notre « bonjour » à vous tous, amis fidèles.  Je suis obligée de prendre la relève, momentanément je l’espère, pour cette dernière, Michel étant dans l’incapacité de l’écrire.

Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, Michel a de graves problèmes de santé depuis 3 ans maintenant. Deux cancers, 3 opérations, 6 mois de chimio, 2 mois de radiothérapie... et un courage exemplaire pour faire face à tant de souffrances. En ce 18 mai, Michel a dû subir une nouvelle opération. Celle-ci s’est bien déroulée, mais hélas, il a souffert un processus inflammatoire post-opératoire violent, qui a fini par l’entraîner, après 5 jours très pénibles, dans un coma provoqué et une intubation. Ce furent de longs jours d’angoisse indescriptible, de doutes, de peur immense de perdre Michel lorsque son état a été considéré comme critique le 24 mai. Les médecins me laissaient peu d’espoir... et je me suis sentie perdue et désespérée à l’idée de voir Michel me quitter alors que je n’y étais pas prête du tout.

A Crianças do Mundo, toute l’équipe a fait face courageusement, mais l’ambiance était d’une grande tristesse, tant pour les enfants que pour les adultes, sans parler de tous nos grands, terriblement inquiets eux aussi. Tous me disaient : « Crianças do Mundo sans Michel, ce n’est pas la même chose, il manque l’âme, le pilier, la force de ce projet magnifique ». Mais malgré tout, chacun a poursuivi le travail le mieux possible, pensant à Michel et à l’importance pour lui de voir continuer l’œuvre de sa vie.

Tant en Belgique, qu’en France et qu’ici au Brésil, une immense chaîne d’amour, de solidarité et de prières s’est créée pour aider à sauver Michel. Ce fut un mouvement merveilleux et très fort, et ensemble avec la compétence et le dévouement de toute l’équipe médicale, un miracle s’est produit. Au moment où je vous écris, Michel semble sauvé. Après 20 jours en soins intensifs, Michel a pu être transféré en chambre. Son état requiert encore des soins importants et beaucoup d’attention, et il faudra beaucoup de temps encore et de patience pour qu’il puisse enfin rentrer à la maison. Mais le plus dur est passé et c’est un immense soulagement pour tous.

Pressentiment ou pas, Michel avait commencé à rédiger ces nouvelles avant son opération. Je tiens à vous dire à tous un grand, un immense merci pour cette chaîne d’amour et pour toutes vos pensées et prières pour Michel. Tous ici, grands et petits, le retrouveront bientôt, au plus grand bonheur de tous.
                                                                                                     
MUITO OBRIGADA !                           Evelyne

Crianças do Mundo

De nombreux petits bouts de 7-8 ans se présentent actuellement pour entrer à Crianças do Mundo. Ils sont en général adorables et se trouvent un peu les ‘mascottes’ des plus grands ! Parmi eux, malheureusement, 10% sont déjà détruits par la misère et des familles TRÈS problématiques (drogue, alcoolisme et violence domestique). On se rend compte que l’on ne peut déjà plus grand chose pour eux.


Mais les 90 % qui restent sont vraiment gentils et souriants et paraissent tellement heureux de pouvoir rester à Crianças do Mundo ! Et c’est bien chouette d’avoir des petits bonshommes si affectueux. Tous sont issus de familles vraiment misérables et leur destin normal serait la délinquance. Beaucoup ont déjà des drogués ou trafiquants dans leurs familles. Ils le savent mais ne veulent pas suivre le même chemin. À nous de les y aider en restant à leurs côtés et en leur donnant
la chance d’une bonne éducation et d’une scolarité forte. C’est tout l’objectif de Crianças do Mundo depuis 30 ans ! Et ça marche (presque !) toujours !

Dans notre Centre de « Convivência », au centre de la ville, c’est la même chose. Beaucoup de demandes venant de la Favela à côté. On les reçoit tous avec plaisir, s’ils sont dans les conditions d’intégration dans le groupe et si nos moyens financiers le permettent, ce qui n’est plus toujours le cas !

Mais le personnel est toujours aussi enthousiaste et ne baisse jamais les bras devant les difficultés évidentes.

Que c’est merveilleux de pouvoir rencontrer à chaque coin de rue un ancien qui crie notre nom et vient nous embrasser et nous montrer qu’il a réussi ! Jusqu’à présent, ils ont été plus de 2.000, tout de même !

Tout est prêt !

Notre projet “Crianças do Mundo” évolue très vite pour le moment! Nous envisageons une cession d’une grande partie de notre terrain de plus de 70 hectares à la Fondation Saint François Xavier pour y construire une Ecole Technique et, peut-être, un Hôpital du cancer pour enfants. Ce serait formidable ! Cette Fondation est le côté philanthropique de l’usine sidérurgique USIMINAS, la plus grande d’Amérique Latine. Après l’enthousiasme du Conseil de Direction de la Fondation, nous attendons le feu vert de leur Conseil d’Administration. Pour info, la Fondation Saint François possède et gère déjà 4 hôpitaux dans la région ainsi qu’un Collège (enseignement primaire et secondaire) considéré un des trois meilleurs de l’Etat de Minas Gérais. Ils rêvent aussi de créer une Faculté Universitaire pour la formation d’Infirmiers.

Quant à notre Crianças do Mundo, il continuera à occuper un espace d’une quinzaine d’hectares pour poursuivre son travail avec les enfants. Toute l’équipe est maintenant brésilienne depuis le président jusqu’aux femmes d’ouvrages.  C’était un de nos objectifs en venant au Brésil il y a maintenant 34 ans ! Tous sont super qualifiés et un grand nombre d’entre eux sont là depuis plus de 20 ans !

Il reste encore beaucoup à faire pour tous ces gosses et tout est prêt pour les recevoir et poursuivre ce grand projet AVEC VOUS. Car si l’équipe est fin prête, on ne peut avancer sans votre aide financière puisque nous ne disposons ici, au Brésil, d’aucun subside officiel.


Quelques enfants de l’après-midi à Crianças do Mundo
Depuis le 10 avril dernier, Michel a été remplacé à la Présidence (et à sa demande) par Noraldo Rêgo Pereira. Noraldo fut, pendant 27 ans, le bras droit de Michel et le Directeur Administratif de Crianças do Mundo. C’est un homme d’une qualité remarquable, qui ne pense qu’aux autres et connait tout le monde. Il fera merveille à la Présidence de l’Entité appliquant tous les principes moraux et éducatifs que nous avons développés durant ces 30 ans. Tout est donc prêt et nous pouvons nous retirer sur la pointe des pieds !! MAIS PAS VOUS !
Michel

Noraldo

Le nouveau Président de Crianças do Mundo vient de prendre sa retraite après  27 années comme Directeur Administratif de Crianças do Mundo et a été élu Président ce 10 avril 2017 en lieu et place de Michel qui avait dû présenter sa démission pour des raisons de santé.

La relève est ainsi bien assurée par un homme absolument extraordinaire de gentillesse et d’altruisme, très apprécié dans toute la ville de Coronel Fabriciano.

Il sera à la tête d’un Conseil d’Administration formé par d’anciens « enfants » de Crianças do Mundo, ceux qui ont vécu pendant des années en internes avec nous, Michel et Evelyne et que nous considérons comme nos propres enfants: un Professeur d’Université, un Avocat, un Ingénieur, un Administrateur d’Entreprises, un Mécatronicien... Tous ont plus de 35 ans !

Ce sera un peu notre famille qui donnera continuité au Projet Crianças do Mundo ! Protégez-la !

Merci pour votre amitié sans défaillance!

J’ai passé, avec mon Evelyne, 34 ans de ma vie au Brésil, dont 30 à Crianças do Mundo créé GRÂCE à vous en 1987. Il est l’heure pour moi de passer la main et je l’ai déjà fait en transmettant la Présidence à mon ami Noraldo avec nous depuis plus de 27 ans.  Il veut de toutes ses forces continuer ce travail difficile à Crianças do Mundo, aidé de plus en plus par nos enfants brésiliens adultes qui ont obtenu les meilleurs diplômes déjà grâce à votre aide et qui veulent, à leur tour, aider d’autres enfants à « percer » leur misère pour devenir quelqu’un ! Mais comme nous, ils auront besoin de vous pour continuer ce projet formidable. Ne les lâchez pas et ne laissez pas terminer ce projet qui a passionné notre vie durant ces trente ans ! On vous fait confiance !

EUX AUSSI AURONT BIEN BESOIN DE VOTRE AIDE !

Oui, merci pour votre amitié sans failles et votre confiance durant ces trente ans. Je me dis que grâce à vous, j’ai moi aussi réalisé mes rêves et j’ai pu accomplir, toujours avec mon adorable Evelyne, ce qui était mon but dans la vie : rendre heureux ceux qui, sans nous tous, n’auraient jamais pu y arriver !

CELA A VRAIMENT VALU LA PEINE !
MERCI !


Et que le Ciel vous bénisse !


Michel

Un petit rappel historique…

C’est en mars 1983 que nos amis Evelyne et Michel se sont envolés vers le Brésil.

Dans un premier temps, ils ont développé un projet lancé par le Père Véo : La Cidade do Ménor.
Le père Véo était aumônier au Logis (maison d’enfants placés par le juge) à Genval.
C’est là qu’Evelyne et Michel se sont connus en tant qu’éducateurs.
J’ai eu la chance aussi de travailler avec eux dans cet établissement.
Le père Véo leur a proposé de le suivre au Brésil pour participer à son projet.
Après quatre mois de formation au Collège d’Amérique latine à Bruxelles et après s’être mariés à l’église St Sixte de Genval, nos amis sont partis vers les cieux brésiliens.

Après 2 ans de travail à la Cidade do Ménor et 2 ans au Lar do Menor, sérieusement aguerris et préparés, ils ont fondé Crianças do Mundo (Enfants du Monde, Children of the world), leur propre asbl.

Grâce à un subside de l’AGCD, en Belgique, ils ont pu construire la grande maison actuelle dans la grande propriété, unique poumon vert de Coronel Fabriciano.

Il est à noter que c’est la SEULE aide reçue depuis 34 ans.
Du côté brésilien : rien.

C’est donc à la force de leur détermination, de leur courage et de leur amour, soutenu par VOTRE aide financière qu’ils ont construit ce merveilleux projet pour les enfants des rues.

Comme dans tout processus éducatif avec les enfants, tout ne réussit
pas toujours. Mais sur les 2000 enfants qui ont bénéficié de leur aide,
très peu ont échoué.

Les réussites sont donc très nombreuses et de très bonne qualité.

Jugez vous-mêmes :
     Des enfants des rues, souvent abandonnés et livrés à eux-mêmes,
     confrontés  à la misère, à la drogue, au crime, au vol, au viol, sont
     devenus, avocat, boulanger, informaticien, professeur d’université,  
     électromécanicien, etc…
   
     Et pour clôturer le tout, beaucoup sont mariés avec des enfants et
     mènent une vie familiale NORMALE.

En 2000, mon épouse et moi avons eu la chance de passer une semaine sur place et pouvoir apprécier l’œuvre extraordinaire que Evelyne et Michel ont construite en  OFFRANT leur vie aux plus malchanceux.

Nous avons rencontré tout le personnel (dont Noraldo) compétent et profondément investi dans ce projet d’amour.

Le vrai développement est de permettre aux locaux de continuer leur propre évolution.

Evelyne et Michel ont donné l’impulsion et aujourd’hui  tout peut fonctionner sans eux…mais pas sans leur esprit.
C’est donc GAGNE. Et c’est aussi grâce à VOUS TOUS.

Alors je ne cherche plus la définition du miracle ; elle est sous nos yeux au jour le jour.

Mais nous devons continuer à les soutenir pour que la fondation François Xavier puisse reprendre ce projet en bonne santé.

C’est cette bonne santé que Michel a perdue et qui l’oblige à passer la main.

Nous lui souhaitons un vrai repos et une convalescence  efficace. Tout cela est grandement mérité et il peut maintenant penser à lui.

Après 34 ans cela mérite bien notre chaleureuse affection.

Paul Wilkin

Tout de même

Les gens sont déraisonnables, illogiques, égocentriques ;

Aimez-les tout de même.

Si vous faites le bien, les gens vous prêtent des motifs égoïstes ou calculateurs ;

Faites-le bien tout de même.

Si vous réussissez, vous gagnez de faux amis et de vrais ennemis ;

Réussissez tout de même.

Le bien que vous faites sera oublié demain ;

Faites-le tout de même.

L’honnêteté et la franchise vous rendent vulnérables ;

Soyez honnêtes tout de même.

Ce que vous avez mis des années à construire peut être détruit du jour au lendemain ;

Construisez tout de même.

Les pauvres ont vraiment besoin de secours, mais certains peuvent vous attaquer si vous les aidez ;

Aidez-les tout de même.

Si vous donnez au monde le meilleur de vous-mêmes vous risquez d’y laisser des plumes ;

Donnez ce que vous avez de mieux… TOUT DE MEME !

Mère Teresa de Calcutta