mardi 3 avril 2018

Une formidable Fête de Pâques à tous!

Nous avons eu un été terriblement chaud et pénible (jours et nuits)  avec, de temps en temps, un peu de pluie mais pas assez de décembre à avril ! On étouffait tant la chaleur et le manque d’air était importants. Les brésiliens souffraient autant que nous ! Mais le plus gros est passé !

De nombreuses entrées de petits bonshommes à Crianças do Mundo depuis janvier et des gosses très souvent adorables (7-8-9 ans) . L’ambiance est vraiment formidable et ça fait du bien, croyez-moi ! Une année qui s’annonce bien et, si cela continue, nous devrons engager un peu de personnel en plus. Mais cela en vaut vraiment la peine vu l’enthousiasme de ces mômes très souvent misérables mais tellement heureux d’être chez nous. Nous aurons bien besoin encore de votre aide financière !!

Dans le reste du pays, on ne parle que de corruption et de violence, surtout à Rio de Janeiro où les gangs de la drogue ont vraiment pris le pouvoir. Même l’armée, appelée en renfort, n’en vient pas à bout ! D’autre part, le nombre de politiciens jugés et condamnés pour corruption est énorme, l’ex-président Lula en tête. C’est effrayant !

Le 24 mars, ce sera la célébration de Pâques interprêtée par les enfants devant leurs familles invitées à cette occcasion. L’occasion de célébrer ensemble cette grande fête mais aussi , pour les parents, de mieux connaître Crianças do Mundo et ses objectifs.

Evelyne et Michel
            van der Meersch

              et les enfants

Ce n'est pas toujours facile

Vous vous rappelez peut-être de l’histoire de notre petit Caïque, racontée dans notre bulletin du deuxième trismestre de 2017. En résumé, nous l’avions accueilli en juin 2015 lorsqu’il avait 8 ans. D’une famille très pauvre de 10 enfants, il nous est arrivé comme un enfant sauvage, bagarreur, insultant tout le monde, et vraiment très difficile à tous niveaux, tant chez nous à Crianças do Mundo qu’à l’école. Il a fallu plus d’un an pour voir une petite évolution dans son comportement. Sa maman Flaviana essayait d’élever seule ses 10 enfants, son mari ayant abandonné la famille, mais les enfants passaient beaucoup de temps en rue, apprenant tout ce qu’il ne faut pas, dans un quartier pauvre où les trafiquants et la drogue circulent librement. Fin 2016, nous avons eu la joie de voir Caïque évoluer un peu, s’intégrant mieux parmi les autres enfants, se bagarrant et insultant moins. A l’école, il y avait aussi un léger mieux, même qu’infime. Nous avions donc l’espoir de sortir Caïque de sa condition de misère en l’aidant à étudier et à mieux se comporter.

La boulangerie de Crianças do Mundo

Nous n’en parlons pas souvent: nous avons, chez nous, une petite boulangerie avec un boulanger vraiment exceptionnel ! C’est lui qui fabrique le pain du matin (pour toutes les divisions) les « 10 h » et les goûters délicieux, et le pain français du lunch de 17 heures pour ceux qui viennent l’après-midi.

Edson, notre maître boulanger.

Les enfants adorent et leurs chers petits goûters (ou 10 h) sont tous les jours différents, « muito gostosos » !

Edson, ce boulanger merveilleux, a été formé à Crianças do Mundo quand nous avions encore chez nous des ateliers de formation professionnelle, dans les années 95-96. Il y avait alors 150 apprentis qui venaient 4 heures par jour, pendant 1 an ou 2, apprendre une profession comme boulanger, électricien, menuisier, informaticien, art culinaire et sérigraphie.

Cette formation était réputée dans la région et, par exemple, TOUS nos boulangers trouvaient un emploi à la fin de leur formation. Beaucoup sont encore dans les boulangeries de la région et des propriétaires de boulangeries nous demandent souvent de reprendre cette formation car il y a maintenant pénurie de professionnels, tous les bons émigrant vers Belo Horizonte, la Capitale de l’Etat de Minas. Ce n’est , hélas, plus possible ! Nous, nous avons gardé Edson !

La chance d'une vie heureuse

En faisant mon petit bilan personnel, je trouve que j’ai toujours eu une chance formidable: une enfance merveilleuse avec des parents tendres mais exigeants, des frères et soeurs adorables (et qui le sont toujours !), une enfance et adolescence d’études avec des réussites et parfois de petits échecs mais de ceux qui vous enseignent beaucoup de choses. Une vie universitaire agitée (un peu avant le Walen buiten ! !) , notre Faculté de Droit spécialement visée !

Et déjà le travail avec des enfants souvent bien compliqués, les « enfants du Juge » eux aussi apportant des réussites et des échecs, parfois durs à avaler mais qui forment et construisent l’expérience.
Ensuite, le mariage avec un ange déguisé en femme merveilleuse, pleine d’attentions et de tendresse, une épouse comme je souhaiterais à tous les célibataires de pouvoir rencontrer si ce n’était sans espoir pour eux ! Elle est unique et c’est moi qui l’ai épousée, o.k ?!!

En même temps, tous ces enfants, ces milliers d’enfants que nous avons guidés à deux avec, je vous le jure, un amour infini de père et mère ! Et tout cela avec VOTRE aide !! Oh, des déceptions, parfois, mais souvent des formidables réussites qui nous requinquaient chaque fois que l’ombre du découragement s’approchait de nous. Ils sont innombrables ceux qui nous donnent le nom de papa et maman (Pai ou mãe à prononcer « paille ou maille » ) ! Finalement, on en a eu presque trop, des enfants « du coeur »  et qui n’étaient pas toujours des « enfants de coeur » mais que nous aimions tendrement comme NOS  enfants !

Après des années, ils reviennent nous voir avec leur femme et leurs enfants auxquels ils sont fiers de montrer où ils ont vécu, où ils ont appris le rude chemin de la vie sérieuse mais plus heureuse. Ils ont aussi appris à dire « je t’aime ». Tous sont pleins d’attention et de tendresse. Ils ont entre 20 et 46 ans mais, incroyablement, tous ont conservé un groupe d’amis de Crianças do Mundo !

Finalement, 56 ans d’expérience avec des enfants, c’est beaucoup mais on apprend tellement de choses avec les réussites et les échecs. C’est incroyable ! Quelle vie passionnante j’ai eu la chance de vivre !
MERCI POUR LES ROSES, MERCI POUR LES ÉPINES !
Jean d’Ormesson

Michel

Crianças do Mundo, personne juridique

Peu de gens le savent mais, au Brésil, étonnamment, les ASBL et les Fondations sont étroitement surveillées. Un Procureur de la République est spécialement désigné pour ces fonctions. Aucune dépense ne peut-être faite sans une facure légale qui passe par l’Administration des Finances, la comptabilité doit être à disposition, les règles syndicales respectées, les règles sanitaires et de sécurité aussi, le bilan approuvé par l’AG et Enregistré doit être publié en avril dans un journal local (un extrait, heureusement !)

Le Centre d'activités pour enfants

On vous en parle souvent : cette division de Crianças do Mundo se trouve au Siège de l’Entité, un peu en dehors du Centre de la ville, tout en étant à deux pas des quartiers les plus pauvres de Coronel Fabriciano. Le bus de Crianças do Mundo les prend tous les jours soit chez eux, soit à l’école. La capacité actuelle est d’une centaine d’enfants.


Etude dirigée, sports, jeux, repas, théâtre, activités manuelles, informatique et autres sont des disciplines réalisées tous les jours. Le grand avantage de cette division est l’espace ! Ce sont plus de 70 hectares de forêt, de terrain de foot, de grand verger et plantations (bananes, citrons, mandarines, manioc, goiave, toutes sortes de légumes et bien d’autres végétaux). Un petit terrain de foot (type footsal) se trouve au milieu de la forêt au milieu d’un « bambouzal » (plantation naturelle de bambou). Un seul problème : les moustiques et autres mouchettes !! Avec l’épidémie de fièvre jaune,  de zika et de dengue, il nous faut protéger nos enfants au maximum. C’est ce que nous faisons avec des produits protecteurs.

Tous les enfants reçoivent chez nous le repas chaud de midi, souvent avec, comme dessert, une glace reçue d’un glacier ami, ou un fruit de notre verger.

La boulangerie de Crianças do Mundo leur fournit pains et goûters ou 10 heures : un délice !

Les enfants adorent Crianças do Mundo et savent que, pour y rester, la discipline et le comportement à l’école et à l’étude sont primordiaux ! Lutter pour des bons résultats scolaires et donc mériter tout le reste !

C’est seulement comme cela qu’ils arriveront à une bonne formation et pourront fonder une famille heureuse !

Le centre de "convivialité"

Le « Centro de Convivência » de Crianças do Mundo est une unité établie au centre de la ville de Coronel Fabriciano et qui s’adresse surtout aux enfants misérables et d’une favela proche.  Cette division reçoit une cinquantaine d’enfants, garçons et filles, de 6 à 14 ans et est dirigée par le Directeur Pédagogique de Crianças do Mundo, José Maria da Costa, qui dirige ainsi toute
l’équipe pédagogique des deux Centres. C’est un homme extraordinaire qui travaille depuis plus de 25 ans avec nous et est adoré par les enfants!


Au Centre de Convivialité, les enfants ont presque les mêmes activités que ceux du siège. Il leur manque un peu d’espace de jeu mais l’école voisine nous cède bien volontiers ses espaces de sport. Le repas de midi est fait sur place mais goûters et pains viennent de la boulangerie du Siège, bien sûr.
Une division du bonheur pour tous ces enfants marqués par une vie violente dans des familles complètement sans structures et baignées dans l’alcool, la drogue et le crime. 
Chez nous, ils découvrent l’amitié, la tendresse, la vie en commun, le respect de l’autre et...le pardon, un élément essentiel de notre système d’éducation.

Eux aussi font partie de Crianças do Mundo et ont besoin de vous !

Michel