dimanche 12 septembre 2021

Michel s'en est allé...

 Bonjour,

C’est fini ... Après plus de 7 ans de lutte contre la maladie, Michel s’en est allé ce 11 août 2021. Une nouvelle chute, cette fois plus grave, et le chemin de l’hôpital était inévitable. Il ne voulait pas, il ne voulait plus ... mais il n’y avait hélas pas le choix. Quelques jours d’hospitalisation, très pénibles, et la maladie a eu raison de lui.

Je n’aurais pas assez de toute cette petite revue pour vous dire ce qu’était Michel, ce qu’il représentait pour moi, pour tous ici. Il était l’amour de ma vie, et la douleur est insoutenable. Nous avions fêté nos 40 ans de mariage ce 14 mars 2021. Il  croyait ne jamais y arriver. 40 ans de vie commune, jour et nuit ensemble, 24h sur 24 au travail ensemble. Le vide que Michel laisse est impossible à combler. Son absence fait mal. Il faudra faire face, un jour après l’autre, même si ça me semble trop dur en ce moment.

Pendant toutes ces années de lutte contre la maladie, Michel a été d’un courage exemplaire. Parfois un peu abattu, souvent affaibli, il a toujours surmonté sa douleur et continué son travail avec les enfants jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent, les quinze derniers jours de sa vie.

Michel est un exemple de vie pour tous. Une vie entièrement dédiée aux autres, aux enfants qu’il aimait tant. Il leur donnait TOUT. Son amour, sa tendresse, l’éducation dont ils avaient besoin. Et il leur enseignait l’essentiel de la vie, les valeurs que jamais il n’a abandonnées : l’honnêteté, le respect de l’autre, le courage, la volonté de lutter pour une vie meilleure, et surtout, l’amour. C’était son credo : l’amour peut tout. Il ne terminait jamais un petit discours aux enfants sans leur dire : je vous aime.

Gardons ce souvenir de lui ... et continuons ensemble, pour nos enfants, pour lui !

                                                                                      

                                                                                                Evelyne




O VAZIO QUE FICOU ... LE VIDE QUI RESTE ...

Tu nous a quittés tellement brusquement ! Malgré que tu essayais de nous préparer à ce jour depuis des années, nous découvrons qu’il n’y a aucun temps qui soit suffisant pour cet Adieu si douloureux. Nous savons que les journées ici n’auront plus la même lumière ni la même force que tu nous transmettais sans prétension. Nous sommes conscients que, malgré notre tristesse, nous devons poursuivre ton rêve que tu as réalisé avec tant d’amour ; alias, les mots AMOUR et MICHEL ne font qu’un.

Le moment où nous t’avons dit adieu a été si émouvant qu’il a touché le coeur de tous ceux qui étaient présents. Pour nous, d’une certaine manière, tu savais que ton départ arrivait ; c’est pour ça que dès le vendredi 6 août, jour de ton anniversaire, tu nous disais au-revoir. Les enfants t’ont fait des hommages si beaux ce jour-là, que ton sourire était différent ; on pouvait sentir que tu avais passé un jour heureux, entouré d’amour et de tous ceux que tu aimais tant. Et au moment de l’adieu, tous t’ont dit au-revoir d’une manière si belle. Les enfants sont arrivés au funérarium avec le bus de Crianças do Mundo, ce fut tellement émouvant ! Tous à côté de ton cercueil, en uniforme, beaucoup pleurant copieusement. Et ensuite, ils ont formé une file pour aller embrasser Evelyne ; et nous nous sommes aperçus combien chaque « abraço » serré des enfants lui réchauffait le coeur. Ce fut un moment très spécial pour elle, et nous savons combien elle s’est sentie réconfortée par tous ces petits bras serrés autour d’elle, les yeux pleins de larmes de chacun.

Certains, comme Fernandinho, Miguel, Samuel, ont voulu à tout prix exprimer ce que tu représentais dans leur vie et, à notre grande surprise, Júlio, un enfant qui semble toujours si distant, nous a surpris en allant près de toi. Il a si bien parlé de toi et de façon tellement sincère, que nous nous sommes aperçus qu’il n’est pas du tout distant, mais qu’il a une manière différente d’exprimer ses sentiments. Il est évident que tu as touché la vie de tous ceux qui ont eu la chance de vivre avec ton amour. Alias, chaque personne qui a dit quelques mots sur toi a ému tous les présents. Et ce furent tellement de paroles sincères, ressenties...  de Bruno, Noraldo, Augusto, Denner, Marco Antônio et tant d’autres. Et nous avons été surpris à nouveau lorsqu’une employée du funérarium a voulu à tout prix dire quelques mots, car elle a été terriblement émue par l’hommage que les enfants t’ont rendu. Elle a dit que depuis toutes les années où elle travaille là, elle n’avait jamais vu une cérémonie si émouvante, avec les enfants te disant adieu ! Tous les petits billets, avec les mots que les enfants t’écrivaient quotidiennement, étaient collés sur un grand panneau, placé bien à tes côtés ; et beaucoup de personnes se sont approchées pour lire toute l’affection que les enfants te démontraient chaque jour à Crianças do Mundo. Et déjà vers la fin de la cérémonie, notre ami Ednaldo a fait une très belle déclaration qui fut très émouvante également. Chaque parole était l’expression de la plus entière vérité, du grand homme que tu as été pour nous tous et que tu continueras d’être, car tu as laissé de l’amour et ce sentiment ne finit jamais, il ne fait que se multiplier davantage.

Je suis heureuse de l’histoire que tu as construite ensemble avec Evelyne, car chacun de vos fils, la grande majorité, étaient là, les bras et le coeur étendus, avec des larmes de nostalgie et aussi de gratitude pour le bon chemin que tu leur montré. L’amour que tu as tant démontré était là, dans chaque employé, chaque ami ou amie qui t’a dit adieu, dans chaque enfant, dans chaque jeune qui a eu la chance de recevoir ton amour.

Nous savons que tu es en paix, te reposant des souffrances imposées par la maladie, et nous savons que tu es avec nous dans chaque souvenir, chaque enseignement. Et nous allons continuer, respectant tout ce que tu as toujours défendu et enseigné : amour, respect, loyauté, honnêteté... Les enfants continueront à recevoir notre amour, et nous ferons toujours de notre mieux pour eux, comme tu nous l’as enseigné.

Evelyne souffre la douleur de ton absence, mais guerrière comme elle est, elle lutte pour réagir, car elle sait que ça a toujours été ta volonté.. Elle est entourée de notre amour et de celui de tous ; aussi de vos grands fils qui lui démontrent vraiment ce que c’est qu’être une famille. Nous sommes certains que tu serais très heureux de voir tant d’amour entre eux..

Crianças do Mundo est devenue une grande FAMILLE et c’est grâce à toi, qui nous a enseigné que l’amour peut faire de nous des personnes bien meilleures et plus heureuses.

Tu nous manques énormément à tous. Crianças do Mundo est plus triste, nous sommes tous tristes. Mais nous croyons qu’avec le temps, nous parviendrons à mieux vivre et accepter ton absence.

Nous t’aimons trop et tu nous manques déjà, très fort !

Le 12/08/2021                               

                                                          Léia (Directrice de Crianças do Mundo)


Toucher le coeur de l'autre

Le 6 août, jour où nous avons fêté l’anniversaire de Michel, je lui ai envoyé un message, où je lui ai dit combien il était important pour nous, et je lui ai dit une phrase que j’avais entendue :  « Rien de ce que nous vivons n’a de sens si nous ne touchons pas le coeur des gens ». Et toi Michel, tu touches le coeur de beaucoup de gens, enfants, adultes ... tous ceux qui ont déjà eu le privilège de passer par ici, par cette grande famille qui s’appelle Crianças do Mundo. Tu as su toucher nos vies avec des valeurs rares aujourd’hui. Il m’a remerciée pour mon message, l’a trouvé beau, mais il a dit être loin de mériter tant de gentillesse.

Malgré toutes les démonstrations d’amour et d’affection durant sa vie, il n’avait pas la notion de l’importance qu’il avait pour nos enfants, alias même nous qui avons vécu tant d’années avec lui ne l’imaginions.

Le jour de son départ, un jour si triste pour nous tous, nous avons pu le voir dans les démonstrations et les visages abattus de chacun qui était présent. Ce furent plusieurs générations ensemble dans un seul sentiment... tristesse, perte, désolation. Il y avait des employés, des ex-employés, des fils de Michel et Evelyne avec leurs familles, des hommes, des jeunes qui un jour ont été enfants et qui ont eu l’opportunité d’avoir leur vies transformées par le geste, la vie dévouée de Michel et Evelyne. Sans cela, il est certain qu’ils n’auraient pas eu la même chance d’être aujourd’hui une personne honnête, responsable, un bon père, un entrepreneur, un avocat, un professeur... d’être un homme de bien.

Et les enfants d’aujourd’hui alors ? Comment décrire le sentiment dans chaque petit visage  qui entrait dans cet endroit froid et triste ? La douleur de qui a perdu un papa, de qui a perdu celui qui peut-être fut le seul à lui donner de l’amour, de l’affection, qui a su comprendre chacun avec sa singularité, qui s’est soucié d’eux. Et à nous, tout ce qui restait, c’était d’assister en larmes à la scène, capable d’émouvoir jusqu’à celui qui n’avait pas eu le plaisir de connaître personnellement Michel, qui était là par hasard pendant un jour de travail normal. Ah, cette femme, employée du funérarium, n’a pas non plus pu retenir son émotion en assistant à la scène et a voulu à tout prix parler un peu, disant qu’elle n’avait jamais vu dans cet endroit un sentiment si profond et sincère comme celui de ces enfants.

Comme j’aurais aimé, Michel, que tu sois présent pour voir et sentir combien tu es important pour nous, et combien tu nous manques...

                                                             Darlene (secrétaire-comptable de C.M.)


J'ai eu beaucoup de chance !!

Dans mes recherches de photos pour illustrer cette petite revue, dans l’ordinateur de Michel, je suis tombée par hasard sur un texte d’adieu que Michel avait écrit, ce que j’ignorais. Il sentait manifestement sa fin approcher... Ce texte m’a bouleversée, m’a déchiré le coeur et les larmes ont coulé. Je veux vous le faire partager, car il concerne aussi tous ceux qui nous aident à nous occuper des enfants du mieux que nous le pouvons, avec tout l’amour que nous avons pour eux.


« J ‘AI EU BEAUCOUP DE CHANCE !!


Lorsque je regarde en arrière, je me rends compte que j’ai eu beaucoup de chance dans ma vie : une épouse formidable, adorable et attentive comme un ange gardien, des enfants par milliers me témoignant amour et tendresse, des amis fantastiques et toujours prêts au coup de main, des collaborateurs enthousiastes , compétents et passionnés par leur métier, un environnement de premier choix (des hectares de forêt !), un respect infini de tous...Oui, j’ai vraiment eu beaucoup de chance et j’espère avoir pu, de mon côté, rendre beaucoup de gens heureux à mon tour , malgré mes exigences, mon manque de patience, parfois, mais ma bonne volonté toujours.


Il est venu le temps pour moi d’embarquer dans un autre navire et de laisser derrière moi tout ce bonheur avec l’espoir qu’il continuera à inonder tous ceux que j’ai aimé et qui  me l’ont bien rendu. D’autres prendront le relai, auront les mêmes objectifs et tenteront, à leur tour, de changer un peu le monde.


Bonne chance à tous ceux que j’aime, qu’ils me pardonnent mes erreurs et mes manquements qui furent nombreux et ne se souviennent que d’une seule chose : je les ai aimés de tout mon coeur, de tout mon être.



Michel

Adieu, Michel !

Vendredi 6 août, jour de l’anniversaire de Michel. J’avoue que Sr Elisabeth et moi-même étions un peu « sem jeito » comme on dit en portugais, gênées ... Souhaiter  un joyeux anniversaire à une personne en fin de parcours et qui le sait encore mieux que vous, n’est pas chose aisée. L’estime et l’amitié l’emportant, nous voilà sur la terrasse, covid oblige, attendant la sortie de Michel. Surprise, c’est un Michel souriant, plaisantant, visiblement heureux qui nous reçoit. Et nous voilà, discutant allègrement de tout et de rien comme tant de fois dans le passé. 

Soudain, des éclats de voix, des rires nous parviennent de derrière les bosquets et surgissent les enfants présents ce jour-là. Accompagnés de leurs professeurs et agitant des ballons bleus, eux aussi viennent souhaiter l’anniversaire.

Une pensée fugace me traverse l’esprit « Et si c’était le dernier anniversaire ? ». Mais j’étais loin d’imaginer que moins d’une semaine plus tard, nous serions tous réunis à nouveau devant un cercueil fermé. Décontenancés au début, les gamins écouteront attentivement les hommages des adultes : les fils de Michel et Evelyne, l’un ou l’autre employé ou membre de la fondation, puis à leur tour, spontanément, ils exprimeront ce qui déborde de leur coeur.

Je me contenterai de souligner l’un ou l’autre témoignage qui m’ont marquée plus spécialement.

« Je m’appelle Arthur. J’étais un gamin très difficile, venant d’une famille totalement déstructurée : violence, drogue, alcool ...Michel avait détecté en moi quelques capacités et ne me lâchait plus. Il croyait en mes possibilités et c’est pourquoi il exigeait de moi, même et surtout lorsque je rechignais et traînais les pieds. Aujourd’hui, je viens d’être admis en faculté de médecine avec une bourse de 100%. Merci Michel d’avoir fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Ton enseignement me poursuivra dans toute ma vie d’adulte. »

Et ce jeune, tellement ému que les mots se bousculent, les phrases sont un peu chaotiques, avant de dire dans un sourire lumineux au milieu des larmes : « Voyez, aujourd’hui j’ai un beau sourire, de belles dents ! C’est à Michel que je les dois ! » Oui, Michel n’était pas seulement l’intellectuel, mais aussi attentif à la santé physique et psychique de ses enfants.

Comment ne pas sentir un frisson vous glacer le sang devant les paroles de ce gamin de 10-11 ans. « L’homme qui est à la maison, ce n’est pas un père pour moi, rien, rien d’un père. C’est comme si je n’existais pas pour lui et réciproquement. Un père, je l’ai trouvé à Crianças do Mundo. Mon père c’est Michel ! »

Me restera longtemps devant les yeux l’image de ce petit gavroche, le plus petit de tous sans doute, s’avançant près du cercueil avec un petit copain pour se donner du courage. Ses « chinelos » (des tongs) usés jusqu’à la corde, ses vêtements délavés, je suppose que l’uniforme de Crianças do Mundo n’a pas eu le temps de sécher, ne laissant aucun doute sur ses origines. Par trois fois, il essayera de s’exprimer, mais l’émotion est trop forte et il se jette à terre en pleurant...

A plusieurs reprises, la chambre mortuaire vibrera sous les applaudissements : Michel, Michel, Michel...

Que représentait donc Michel pour ces milliers d’enfants des faubourgs passés par Crianças do Mundo au long de plus de 34 ans ? Une alimentation équilibrée, certes, mais simple - un soutien scolaire qui leur permettait de quitter les derniers rangs de la classe – de l’espace, un terrain de jeux au milieu d’une nature exubérante – mais surtout, une présence intense et constante d’un père soucieux à la fois de l’aujourd’hui et de l’avenir des enfants. Michel, le visionnaire ! – une vie de famille où l’on sait dire bonjour et merci ; où l’on sait s’embrasser en disant tout simplement « je t’aime », où l’on sait aussi demander pardon. Michel, un peu soupe au lait parfois, ne manquait jamais de s’excuser lorsqu’un enfant avait été chagriné plus qu’il ne l’aurait voulu.

Et pour nous, Soeurs de la Providence à Coronel Fabriciano, qui étais-tu Michel ? Nos activités certes sont différentes, et tu les respectais. Mais tu représentais le roc, l’homme qui avait toujours la solution. Le service demandé était rendu dans l’heure. Et puisque nous sommes en Amérique Latine, je me permets de dire que tu étais le « Cacique », avec tout le respect que je porte à ce tître : le chef, le père, l’ami et compagnon sur lequel on peut compter dans toutes les circonstances.

Tes origines vous destinaient, Evelyne et toi, à une vie bourgeoise, confortable dans votre Belgique natale. Vous avez opté pour une vie austère, presque monacale, dans cette lointaine Amérique Latine. Vous avez voulu une grande propriété, car il fallait de l’espace pour ces enfants entassés dans les masures des bidons-villes.

Merci Michel pour tout ce que tu as réalisé, souvent dans l’obscurité et l’indifférence des pouvoirs publics. Merci surtout pour ce que tu as été pour nous, pour les enfants, les employés de votre équipe.  Et je terminerai  par l’expression chère au Brésil et combien significative au moment de « l’À Dieu ».

                                            

         Michel à jamais présent parmi nous ! »                            Sr Laurent-Marie


Ami, on prend un café?


La Bible dit : « Quitte ta terre, tes parents et la maison de ton père, pour partir vers la terre que je te montrerai ». L’histoire est là pour montrer des milliers de personnes qui ont répondu à l’ invitation et ont changé, pour un mieux, le quotidien de beaucoup qui étaient en marge de la vie. 

Michel et Evelyne méritent d’être mis au plus haut degré de l’escalier de ces géants qui ont rendu l’humanité plus humaine. On dit que la femme ne laisse jamais l’homme dans la position dans laquelle elle le trouve. Elle l’améliore ou l’empire. Evelyne a aidé Michel, afin qu’ensemble ils améliorent la vie de centaines d’enfants et d’adolescents. Entendant un appel intérieur, ce couple a laissé la tranquilité et la certitude d’une vie « normale », au sein d’une société organisée, dans un pays du premier monde, pour s’aventurer vers l’inconnu et rendre plus digne l’existence de ceux qui n’ont pas de voix ni de droits. Merci Michel d’avoir choisi le Brésil, Minas gerais et Coronel Fabriciano pour semer le bien, diminuant, pour les enfants et adolescents sous tes soins, l’absentéisme scolaire, la malnutrition, la cohabitation avec la drogue et l’alcool, etc...

L’action de Michel est une alerte pour nous tous. Quelque chose doit être fait, notre omission aura des conséquences. Michel a voulu conduire ces enfants loin des préjugés. Ils peuvent et doivent être vus comme des êtres porteurs de dignité et citoyenneté. Le préjugé est très dangereux. Il innocule la culture de la ségrégation. Si Michel est un Don Quixote, ses moulins ne sont pas de vent, mais ils sont débordants de grains de pacience, de courage, de persistance, de don, et les clefs sont dans son coeur, là où habite la paix. Donner sa vie ne signifie pas nécessairement mourir pour quelqu’un. Vivre pour les autres, se donner soi-même, peut encore être plus exigent. L’amour est la solution !

Aujourd’hui, le grand appel est celui-ci : croire qu’un autre monde est possible. Et croire qu’il est temps de se donner la main. Le rêve de Michel : « Donner au monde un visage plus humain ». Et il passe ce défi à tous ses enfants, en les éduquant et en leur inculquant les valeurs essentielles. Il est un rêveur ? Peut-être, mais rêver n’est pas un péché.

Au nom de tous ceux qui sont nés, qui vivent et aiment Coronel Fabriciano, nous vous remercions, Michel et Evelyne, pour le dévouement avec lequel vous travaillez en faveur des enfants que vous avez adoptés et que vous traîtez comme des fils chéris. Que Dieu vous bénisse ! Et que votre rêve d’un monde meilleur bourgeonne dans nos coeurs. Je t’embrasse fort, mon ami. Que Dieu te reçoive dans ses bras.

                           

                       Ednaldo Amaral Pessoa, 12/08/2021  (ami de 30 ans)


Fils de coeur

Je m’appelle Bruno, j’ai aujourd’hui 40 ans. Je suis un « fils de coeur » de Michel et Evelyne, les fondateurs de Crianças do Mundo. Je les ai connus lorsque j’avais 11 ans, et à 12 ans, je suis allé vivre chez eux, avec eux. Là, j’ai reçu toute l’affection, l’amour, la tendresse et de l’éducation.

Je suis profondément reconnaissant pour tout ce que mes parents ont fait et font encore dans ma vie, car je continue tout proche d’eux encore aujourd’hui, nous sommes une famille. Je me suis formé en droit, j’exerce la profession d’avocat, avec pos-graduat en sciences pénales, il y a déjà 12 ans maintenant. Je me suis marié en 2016, avec une jolie épouse , mais nous n’avons pas encore d’enfants.

En ce 11 août 2021, Dieu m’a enlevé la personne la plus importante dans ma vie, Michel, mon père. Nous savions que cela pouvait arriver un jour, vu la maladie dont il souffrait depuis longtemps, mais la douleur sera toujours très grande et le vide dans nos coeurs existera toujours.

Par cette petite lettre, je viens exprimer toute ma reconnaissance pour tout ce que Michel a été dans ma vie, comme dans celle de beaucoup d’enfants de notre ville de Coronel Fabriciano, beaucoup d’entre eux aujourd’hui adultes. Parce que sans lui et ma mère Evelyne, je ne sais pas ce qu’il en serait de ma vie. Je tiens à remercier de tout coeur toutes les personnes qui collaborent à ce magnifique projet appelé Crianças do Mundo. Et j’espère qu’il ne s’éteindra jamais.

Michel est parti, mais seulement son corps. Car son âme, ses enseignements et le témoignage de vie qu’il nous laisse existera toujours au milieu de nous, et c’est là le plus important ! 

A tous les amis et collaborateurs de Crianças do Mundo, je laisse mon « grand abraço affectueux ».

                                                          Bruno