jeudi 9 décembre 2021

Nouvelles du 4ème trimestre 2021

Bonjour,

Dans notre dernière petite revue, je vous ai fait partager les hommages faits à Michel par notre famille et nos amis brésiliens. Des témoignages qui ont touché beaucoup d’entre vous. Lors de mon retour en Belgique au mois d’octobre, nos familles et amis belges cette fois, ont souhaité faire une cérémonie d’hommage à Michel également, celle-ci préparée par notre ami Paul Wilkin. Elle a eu lieu le dimanche 24 octobre dans l’église St Sixte à Genval où Michel et moi nous étions mariés en 1981, tout un symbôle. Cette cérémonie fut très recueillie et émouvante, toute simple mais débordante d’amour et d’amitié. Plusieurs témoignages ont été faits et, et à la demande de beaucoup qui n’ont pas pu être présents, je vais vous les faire partager également.

Mon retour en Belgique, en famille, m’a aidée à me reconstruire et à retrouver un peu de mes forces bien affectées après le décès de Michel. Ce n’est pas facile de continuer sans lui, mais je vais le faire, avec le soutien de tous ici, nos enfants, grands et petits et toute notre formidable équipe. En repartant pour le Brésil début novembre, ma soeur Béatrice m’a gentiment accompagnée, afin que je ne retrouve pas une maison vide sans Michel ; et sa présence à mes côtés pendant trois semaines m’a été douce et précieuse. Elle vient de repartir et je vais maintenant me remettre au travail, pour continuer à donner à tous nos enfants l’éducation, l’amour et l’affection dont ils ont tant besoin.

Je continuerai à vous tenir informés de notre travail à travers ce petit bulletin trimestriel, et je compte sur vous pour nous aider à poursuivre notre mission auprès des enfants. Nous avons plus que jamais besoin de votre aide ! Merci ! Nous vous souhaitons à tous         

DE MERVEILLEUSES FÊTES DE NOËL

UNE FORMIDABLE ANNÉE 2022 ! 

                                                                                                                Evelyne



Adieu petit frère

Nous voici aujourd’hui désamparés : Michel n’est plus là...

Michel, c’est mon petit frère, le quatrième d’une fratrie de sept enfants dont je suis l’aînée. Il a 5 ans de moins que moi.

Il est parti bien trop vite.

Chez nous, à la maison, Michel voulait toujours faire plaisir.. de temps en temps une petite colère qu’il regrettait toujours. Et c’est resté comme ça !

Bien plus tard, quand je suis allée au Brésil, j’étais la « irmã do Michel », c’est-à-dire, la soeur de Michel, ça voulait tout dire. Evelyne et lui étaient adorés de tous !

L'éloge de la fatigue


Joëlle, soeur de Michel également, a choisi pour parler de son grand frère, de nous lire le texte que Michel aimait particulièrement : « L’éloge de la fatigue ». Pour ceux qui ne le connaissent pas, je vais vous le transcrire.

Un exemple pour tous

Il y a quatre ans, en juin 2017, j’ai eu le bonheur de revoir Michel au Brésil et de vivre deux semaines avec lui et Evelyne. Lorsque je suis arrivée, Michel était très mal après une très longue hospitalisation, alité en permanence et incapable de bouger. Lorsque je suis repartie deux semaines plus tard, il remarchait un peu avec sa tribune.


Il m’a dit alors : « Tu pourras raconter en Belgique que tu as assisté à la résurrection de Michel ».

J’ai surtout été témoin de son courage admirable, de sa force de caractère et de sa volonté.

Lors de nos conversations, j’ai constaté combien sa première préoccupation, ce n’était pas lui et ses terribles souffrances, mais c’était Evelyne et les enfants, ses raisons de lutter et de vivre.

Michel était un exemple d’amour et de don de soi.

Cette année, j’aurais aimé retourner au Brésil pour être auprès de Michel et de ma soeur dans ces jours difficiles, mais cette maudite pandémie a rendu les voyages vers le Brésil impossibles jusque quelques jours avant le décès de Michel.

Son départ ne nous permet plus de le voir vraiment, mais Michel est toujours présent. Dans nos coeurs d’abord, mais aussi à Crianças do Mundo et bien au-delà.

Des milliers d’enfants et d’adultes ont vu leur vie améliorée et embellie grâce à Michel et Evelyne. Leur oeuvre fera boule de neige de génération en génération pour tous ceux qui, grâce à leur passage à Crianças do Mundo, pourront avoir une vie meilleure et offrir un plus bel avenir à leurs enfants.

Pour tout ça et pour tout ce que tu étais pour nous, je te dis merci Michel. Repose en paix, tu l’as amplement mérité. Tu auras toujours une place de choix dans mon coeur.


                                                                       Béatrice, soeur d’Evelyne


Des petites graines d'amour

Chers Oncle-Michel et Tante-Evelyne,


Je me souviens que je commençais toujours mes lettres comme ça, des lettres sur papier bleu ciel ultra-léger, dans des enveloppes bleues tout aussi légères (car chaque gramme comptait quand on envoyait du courrier par avion).

Depuis que je suis venu, en tant que filleul, du haut de mes 6 ans, vous apporter vos alliances sur un petit coussin, dans cette même église où nous nous rassemblons aujourd’hui, vous avez toujours été « Oncle-Michel et Tante-Evelyne ». L’un ne va pas sans l’autre, et je suis convaincu que le « départ » d’Oncle-Michel n’y changera rien.

Pourtant, il n’est plus là, me direz-vous ? Je n’en suis pas si sûr. Oncle Michel a semé des milliers de petites graines d’Amour tout au long de sa vie pour tous ceux qu’il a rencontrés et aimés – je peux en témoigner, car j’en ai reçues beaucoup aussi. Ces petites graines ont germé dans le coeur de tous ceux qui les ont reçues, comme des milliers de petites « boutûres » de lui qui continuent à vivre.

Et vu qu’il y en a vraiment beaucoup, il n’est pas près de disparaître, c’est sûr ! La mort ne détruit pas ce qu’on a construit. Pour moi, vous continuez à porter à vous deux le projet de votre vie. Pour moi, vous restez « Oncle Michel et Tante Eveyne ».


                                                                  Votre neveu et filleul, Jean-François

Ma nouvelle expérience au Brésil

Après un voyage mouvementé qui nous a amenées au Brésil avec deux jours de retard (et ma valise au bout de 4 jours), Evelyne et moi avons été accueillies ici de façon tellement chaleureuse, que le stress du voyage fut vite oublié.


Après une journée de repos bienvenue, nous nous sommes plongées dans la vie de Crianças do Mundo. Quel havre de paix, de sérénité, d’amour. Le personnel est d’une gentillesse, d’une compétence et d’un dévouement sans limites, toujours souriant.

Les enfants sont très attachants et affectueux. Mais à côté du petit paradis qu’est Crianças do Mundo, le choc est rude lorsqu’on circule dans certains quartiers de la ville, particulièrement ceux d’où viennent les enfants accueillis ici. Quel contraste entre l’environnement verdoyant de Crianças do Mundo et leur lieu de vie familial ! Quelle misère ! Une grande partie de la population manque de tout et vit dans des conditions indescriptibles. On mesure alors toute l’importance de Crianças do Mundo pour ces enfants et leurs familles.

Ce fut pour moi aussi une grande joie de retrouver la famille d’adoption de Michel et Evelyne, leurs fils et belles-filles merveilleux, leurs petits-enfants, tellement accueillants et aimants, aux petits soins pour Evelyne. Ça fait plaisir de voir comme ils ont réussi leur vie professionnelle et familiale, grâce à leur accueil ici quand ils étaient petits, grâce à leur courage et leur travail, grâce surtout à l’amour de Michel et Evelyne qui ont pu leur inculquer de vraies valeurs.

Ces 3 semaines ont passé tellement vite ! Je suis heureuse de tous ces bons moments partagés avec ma soeur. Je peux partir tranquille. Elle est merveilleusement bien entourée par une vraie famille.

Et puis je reviendrai ! Merci à tous ceux qui m’ont permis de passer un magnifique séjour : tous ceux qui m’ont accueillie ici avec tant de chaleur et ceux qui, en Belgique, m’ont laissée partir... 

                                                                        Béatrice, grande soeur d’Evelyne


Mot d'Evelyne


Depuis les 38 ans que nous nous occupons des enfants défavorisés au Brésil, nous avons rencontré pas mal de difficultés, d’obstacles entravant notre chemin, d’imprévus. A chaque fois, nous avons dû nous adapter, modifier nos projets, en relancer d’autres, toujours dans le but de pouvoir continuer notre travail auprès des enfants et surtout ne pas les laisser tomber. 

La pandémie du Covid fut l’un de ces événements complètement imprévus, qui a affecté profondément le monde entier, à tous niveaux : sanitaire, économique, social, humain. Nous avons par le fait même été affectés également. Un certain nombre de nos donateurs, en difficultés financières, ne peuvent plus nous aider ; d’autres sont hélas décédés. Il nous faut donc nous adapter à cette nouvelle situation et réduire nos dépenses au maximum. Nous avons toujours veillé à ne pas faire de dépenses qui ne seraient pas strictement nécessaires, nous avons toujours économisé le mieux possible nos ressources, ne faisant jamais de dettes. Il est donc bien difficile de trouver d’autres moyens d’économiser.

Nous avons donc pris la décision, dans un premier temps, de vider notre maison d’accueil au centre-ville, afin de pouvoir la vendre et avoir ainsi une rentrée d’argent. Mais ne soyez pas inquiets : nous ne laissons bien entendu pas tomber nos enfants de ce centre. Lorsque nous l’avons créé en 1992, c’était pour pouvoir accueillir les enfants habitants les quartiers pauvres du centre-ville. Notre forêt, si accueillante, se trouve à 4-5 kms de là, et il était impossible pour ces enfants de venir au siège de notre centre d’accueil. 

Lorsque nous avons ouvert notre Centre d’Activités en 1996, nous avons dû acheter deux bus, pour pouvoir aller chercher les enfants dans tous les quartiers pauvres du bas de la ville. Le Centre d’Accueil en ville fonctionnant très bien, nous n’avons jamais songé à le fermer. Mais vu nos difficultés financières actuelles, il le faut désormais. Comme nous avons  maintenant la capacité d’aller aussi chercher les enfants de notre maison d’accueil en ville, grâce à nos bus, nous allons le faire.

Nous allons donc amener tous les enfants du centre-ville chez nous, au siège de notre association. Cela demandera un peu d’organisation et de transformations, mais cela pourra se faire sans gros problèmes ni dépenses importantes. 

Comme dans ce centre, nous y avons des garçons et des filles, ça demande une adaptation. Les garçons s’intègreront sans problèmes avec les garçons qui sont déjà accueillis ici au Centre d’Activités. Quant aux petites filles, nous allons les accueillir dans notre maison qui a servi d’internat pendant plus de 25 ans, et où nous avons toujours vécu Michel et moi. J’y vis seule désormais et je souhaite que notre grande maison serve à nouveau pour les enfants. Ce sera un bonheur d’y accueillir nos petites filles, d’y entendre à nouveau des cris d’enfants qui jouent et d’y retrouver de la vie.

Les filles passeront donc leurs journées ici dans notre maison. Elles y prendront leurs repas et leur douche, y feront leur heure d’ étude et feront leurs activités différentes de celles des garçons, plus adaptées à leurs goûts et à leurs capacités. Mais de temps en temps, les activités seront pour tous les enfants ensemble, garçons et filles, afin que leur intégration soit complète, et aussi pour ne pas trop séparer les frères et soeurs accueillis chez nous. 

Ce projet d’adaptation est un grand changement pour nous tous, car ce sera la première fois que nous accueillerons ici des petites filles, mais je suis certaine que ce sera formidable pour tout le monde. Et l’essentiel : nos enfants du centre-ville auront le bonheur de découvrir notre grand espace au milieu d’une forêt, de pouvoir profiter pleinement de tout cet espace qu’ils n’avaient pas dans la maison d’accueil en ville, et de pouvoir connaître les joies de la vie en plein air et en pleine nature. Ils vont y être encore beaucoup plus heureux.

Pour donner aux enfants un avant-goût de ce paradis où ils seront bientôt accueillis, nous irons les chercher ce mardi 14 décembre, afin de leur faire visiter et découvrir leur nouveau lieu d’accueil et de vie. Les parents sont bien entendu déjà prévenus de ce changement, et après la rentrée 2022, nous les inviterons à venir connaître également le nouveau lieu de vie de leurs enfants. J’aurai aussi l’occasion dans notre prochaine petite revue de vous raconter comment s’est passé ce grand changement dans la vie de nos enfants.

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite à nouveau du fond du coeur la plus  merveilleuse des fêtes de Noël et une très heureuse année 2022, avec l’espérance de plus de sérénité et de paix, et une bonne santé pour tous. Um immense MERCI à « Noël pour tous », et à tous ceux qui ont acheté sapins et massepain !

                                                                                                           Evelyne