vendredi 20 septembre 2019

Nouvelles du 4ème trimestre 2019

Bonjour,

Il parait que c’est l’hiver au Brésil !! Pas une goutte de pluie depuis plus de 4 mois dans notre région et des températures de 32 à 35º tous les jours ! Ce n’était pas comme ça avant (24, 27º) ! On n’ose penser à ce que l’été nous réserve ! Tout est chamboulé, en Europe et aux USA aussi d’ailleurs ! Mais que faire ? Nous faisons notre part quant à l’écologie et le respect profond de la nature. Mais c’est si peu de choses...

Nos enfants vont très bien et, sauf 2 ou 3, ils sont aussi fort bien à l’école. Ce sont en général les familles qui sont en-dessous de tout! C’est angoissant, ça ! La nouvelle mode est de consulter un psychologue (que nous avons pourtant aussi chez nous) parce que leur enfant aurait des problèmes ! Il se fait que ce sont, le plus souvent, les propres parents qui ont des problèmes et détruisent leur enfant ! Mais ça, c’est difficile à faire comprendre ou admettre.

Le 14 septembre, nous avons organisé une réunion des parents pour parler de cela et de chaque enfant en particulier. On vous raconte plus loin. C’est intéressant !

Nous arrivons déjà à la fin de l’année qui correspond ici avec la fin de l’année scolaire. Après, ce seront les grandes vacances d’été dans tout le Brésil et...les grandes chaleurs ! Le mois de janvier s’annonce terrible ! Mais vous connaissez ça aussi, maintenant ! On vous souhaite un peu de neige à Noël. C’est si beau un Noël blanc !

On vous embrasse.
Evelyne et Michel van der Meersch

La si difficile histoire de Thales

Nous sommes début août 2018. Une femme se présente à Crianças do Mundo avec son petit garçon; ils viennent faire l’inscription de l’enfant. Il s’appelle Thales et a 9 ans. C’est un petit blondinet aux yeux clairs, pas vraiment le type brésilien comme on se l’imagine souvent. Mais il y a un tel mélange de races dans la population de ce merveilleux pays, avec des enfants du plus blanc au plus noir, c’est ce qui fait la beauté de ce peuple.

Pendant que Michel reçoit Thales pour l’entrevue d’inscription, je bavarde un peu avec sa mère qui attend au bureau. Elle me raconte son histoire et celle de son fils. Elle est partie aux Etats-Unis, comme le font beaucoup de brésiliens, dans la tentative d’améliorer sa vie. Elle y a rencontré un compagnon avec lequel elle a eu Thales. Mais le rêve américain ne se réalisant pas, elle a décidé de rentrer au Brésil. Son compagnon, américain,  n’a bien entendu pas voulu la suivre et elle est revenue seule avec Thales. Son père n’a plus pris contact avec eux par la suite et Thales ne se souvient pas de son père, étant trop petit lorsqu’ils sont revenus au Brésil.

Il est parti en pleurant


Il s’appelle Leandro. Il a quitté Crianças do Mundo en  pleurant !   Son  père  l’a  obligé  à s’inscrire dans une école de foot (2 heures d’entraînement par semaine !) dans la ville voisine au lieu de rester chez nous. Leandro ne voulait pas mais il n’a pas eu le choix ! C’était un très gentil gosse, on l’aimait beaucoup ! Mais voilà : il n’aura plus d’étude, de renfort scolaire (il en avait bien besoin !) ni soutien affectif, psychologique, pédagogique et perdra les sports (dont le foot !) qu’il avait tous les jours chez nous aussi et avec des professeurs diplômés en éducation physique et sports! Et c’était gratuit !

Encore un gosse fichu à cause de ce foot divinisé. Beaucoup de pères de famille croient que leur fils est un futur Neymar et que la famille gagnera beaucoup d’argent grâce à lui ! Il n’a que 10 ans !
Michel

Merci, merci!

Une fois de plus, notre grande reconnaissance va à tous ceux qui nous aident sans relâche, familles, particuliers, organisateurs de marches et spectacles, Fondations, Paroisses etc...
Aujourd’hui, nous tenons à envoyer un merci  tout spécial à la Paroisse Saint Pierre à Genval qui, sous l’impulsion de Michel Tonglet, organise collectes, spectacles de théâtre et autres manifestations au profit des enfants de Crianças do Mundo. Et comme si cela ne suffisait pas, la Paroisse assume tous les frais d’études universitaires (Droit) d’un de nos garçons qui, sans cela, n’aurait aucune condition de payer de telles études. OBRIGADO !

En bref


  • Les religions évangélistes sont en train d’envahir le Brésil et non seulement  dans la vie des familles mais aussi sur le plan politique. Leur influence devient TRÈS importante à tous les niveaux. Ils forment des groupes de pression très influents. Le Brésil ÉTAIT le pays le plus catholique du monde!
  • Dans une prison du nord du Brésil, une bagarre entre deux factions rivales de traficants de drogue a fait plus de 60 morts dont 16 décapités ! Quel afflux de délicatesse ! Un modèle de civilisation !
  • Le mois d’août au Brésil est, pour les enfants, le mois des cerfs-volants. Il y a beaucoup de vent à cette époque. La différence avec nos cerfs-volants belges est que les petits brésiliens, comme ils n’ont pas d’argent,  les fabriquent eux-mêmes avec des morceaux de bambou et des sacs poubelles ou papiers. Et ça vole !! Des jours de fabrication sont prévus chez nous et, après, des grands concours de cerfs-volants. Ils ADORENT ça ! Et tous y participent !C’est une vraie fête ! Après, ils l’emmènent chez eux.
  • Il y a plein de cacaoyers sauvages dans notre terrain. Pas assez pour en faire du chocolat mais les enfants adorent ouvrir le fruit mûr et sucer les fèves de cacao (qui ne goutent pas grand’chose à ce stade !).  Mais qui sait un jour il y aura le chocolat « Crianças do Mundo » sur le marché ! Attention, Côte d’Or !
  • Un topographe de la Fondation São Francisco Xavier et son équipe sont, depuis un mois, occupés à prendre les repaires topographiques de notre terrain. Une première carte contenant la position de toutes les constructions avait déjà été faite mais contenait des erreurs ! On recommence donc avec, en plus, les mesures topographiques exactes des limites externes du terrain.
  • Le 7 septembre était le jour de l’Indépendance du Brésil. C’était un samedi mais il y avait dans notre ville un grand défilé et les enfants des écoles municipales étaient obligés d’y participer ! En compensation ils avaient congé le lundi 9. Dans ce même événement, après les enfants, un défilé de chiens (avec leurs maîtres)!  Mais oui ! ! Différent, hein ?!!
  • La grossièreté et la goujaterie sont des choses difficiles à supporter ! Le manque total de psychologie et de diplomatie aussi. Les brésiliens bien éduqués (c’est la grande majorité !) demandent pardon à Monsieur et Madame Macron.


L'invasion des animaux sauvages chez nous

Dans notre forêt de Crianças do Mundo vivent pas mal d’animaux sauvages. cela va des serpents aux cervidés en passant par les singes, les renards, les coatis et les Jacous ! Les plus dérangeants sont les coatis (une bonne cinquantaine) et les Jacous (une bonne centaine) ! Ils vivent en groupe (comme les singes). Mais les Jacous sont bruyants (un cri horrible !) et se battent tout le temps et les coatis mangent n’importe quoi (y compris les savons !) et empêchent les autres animaux de manger ! Ils ont des dents terribles !

Eloge de la fatigue

Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,
Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites, enfin, que je suis fatigué.

Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,
Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s'en user le coeur...
Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.

Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu'on est le port et la route et le gué,
Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquent chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.

La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,
C'est le prix d'une journée d'efforts et de lutte.
C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,
Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
C'est la preuve, Monsieur, qu'on vit avec la vie.   
         
Et vous me conseillez d'aller me reposer !
Mais si j'acceptais là, ce que vous proposez,
Si je m'abandonnais à votre douce intrigue...
Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.

Partie du magnifique poème de Robert Lamoureux