vendredi 8 décembre 2017

Arthur, enfant de notre coeur!

Depuis 30 ans que Crianças do Mundo existe et que nous y accueillons les enfants les plus nécessiteux, il y a toujours certains enfants qui sortent encore plus du lot au niveau de la misère et de la souffrance. Tous ceux que nous accueillons en ont bien besoin et sont heureux de pouvoir venir chez nous. Mais pour certains d’entre eux, c’est plus que vital. Notre Arthur est de ceux-là. Nous l’avons accueilli en mars 2015 lorsqu’il avait 8 ans et demi. Arthur est élevé par sa grand-mère, Tereza. Il ne connait pas son père et sa mère l’a abandonné et est partie vivre de la prostitution à São Paulo. Il vit avec sa grand-mère et un fils de celle-ci, Marcos, un jeune drogué de 23 ans. La grand-mère a une soixantaine d’années, mais en parait beaucoup plus. La misère ne pardonne pas, elle laisse ses marques...

Emotions

Toutes les semaines, grâce à Skype, je téléphone au Brésil…les liens avec mon frère Michel et ma belle-soeur Evelyne sont étroits.  Mais, subitement, je ressens le besoin de les revoir, de les serrer dans mes bras et de les soutenir de près dans ces moments de grand stress.

Isabelle Dumont de Chassart, ma nièce et fille de ma sœur Claudine Dierckx, est partante pour m’accompagner dans ce long voyage jamais entrepris pour ma part. Trois avions à prendre… et au bout, l’accueil ému d’Evelyne et Michel, qui nous attendent malgré l’heure tardive et la fatigue.
Pendant neuf jours, c’est un immense mélange d’émotions dans tous les sens, à  la rencontre des enfants, des conditions de vie parfois très difficiles des Brésiliens, et de l’immense courage souriant de tous.

La Fondation Crianças do Mundo est nichée au creux d’une colline boisée où poussent les bananes, les mangues, les avocats, les mandarines et autres fruits inconnus des Européens qui sont servis aux enfants. Vitamines assurées !


Les bâtiments, dans une grande simplicité de construction, sont très fonctionnels et abritent salles de classe et de sport, douches, cuisine et réfectoire. Tout est sobre et efficace.
Nous rencontrons tout le monde : le boulanger (un jeune formé à Crianças do Mundo), la cuisinière, les nettoyeuses, le chauffeur de bus, les jeunes moniteurs, le prof de sport, la psychologue et les enseignants, les ouvriers d’entretien et le personnel administratif, la plupart  issus de milieux très pauvres.

Et chez tous, d’immenses sourires et la fierté du travail accompli chaque jour pour illuminer la journée de ces gamins de 8 à 14 ans vivant dans les favelas ou autres lieux misérables, dans une grande précarité.

Chaque enfant a son histoire bouleversante, chaque enfant a un merveilleux sourire.

Un enfant fragile et adorable

Il s’appelle Charlison. Il est arrivé chez nous le 25 avril et il venait d’avoir 9 ans. A le voir, il paraissait en avoir 7 ! C’est un enfant très craintif et  fragile qu’il fallait apprivoiser. Mais c’est lui qui nous a apprivoisés !

Il est tout blanc, tout blanc, un fameux contraste avec la plupart des autres ! Mais c’est un gosse adorable, courageux (même blessé, il ne pleure pas !) qui a vraiment besoin de nous, de notre appui, car s’il est très limité, il est plein de courage et de bonne volonté pour apprendre . Il a conquis l’affection de tous et même des autres enfants qui le protègent sans cesse ! C’est si beau à voir!

Il reste un peu timide mais déjà aborde un adulte avec un tout petit sourire, ce qu’il ne savait pas faire auparavant. Bref, Crianças do Mundo va s’occuper de lui avec tendresse. Et cette tendresse lui fait déjà un bien fou ! C’est tangible !! 
                   
Michel

Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir et c'est en le donnant qu'on l'acquiert. (Voltaire)


Scène vécue par un lecteur du Nouvel Observateur

Une vieille dame est à la caisse d’une grande surface, où la caissière est occupée à pointer ses achats.
Derrière elle, un « sale gamin » de 9 ou 10 ans pousse le chariot de sa mère dans les pieds de la vieille dame...Une fois, deux fois, trois fois...la vieille dame se retourne et demande au gamin d’arrêter.
Le  gosse continue volontairement, une fois, deux fois, trois fois...
La vieille dame s’en prend alors à la mère : « vous ne pouvez pas lui demander d’arrêter, Madame, s’il vous plait ? Votre fils me fait très mal ! »
« Non ! dit la mère, ma méthode d’éducation consiste à le laisser faire tout ce qu’il veut, sans interdit, pour qu’il prenne conscience tout seul du tort qu’il fait aux autres. C’est plus efficace !!! »

Derrière la mère et son fils, un jeune homme de 19 ans attend son tour avec quelques courses à la main, dont un pot de confiture de groseilles. Il dévisse calmement le pot de confiture et le déverse sur la tête de la mère du sale gosse ! La mère se retourne furieuse !
« Voilà, dit-il, moi aussi j’ai été élevé comme votre fils, je me comporte donc comme je veux !! »
La vieille dame, à l’avant, se retourne et dit à la caissière ; « Le pot de confiture...c’est pour moi !!!

Mais comme on aimerait connaître ce jeune homme génial de 19 ans !

La Fondation São Francisco

Nouvelle visite importante de la Fondation São Francisco à Crianças do Mundo : 4 personnes dont 1 responsable du secteur hospitalier, 2 responsables du Collège São Francisco et le Technicien en chef, curieux de tout ce qui est installation technique et manutention ! Des gens vraiment intéressés et pressés, semble-t-il, de présenter un projet valable et rapide.
On croise les doigts !

Le centre d'activités pour enfants de Crianças do Mundo

Vraiment pas de gros problèmes avec les enfants pour le moment. Les petits qui sont entrés récemment adorent jouer ensemble et cela se passe sans heurts, même avec les plus grands. Les jeunes adolescents (12-14 ans) sont un peu plus turbulents et ne pensent qu’à jouer ou faire des blagues !! Il est loin le temps où l’adolescence consistait à vouloir changer le monde, entrer dans des groupes d’aide aux plus démunis... Bon, autres temps, autres moeurs !
Mais tous , petits et grands, bénéficient de l’informatique (un ordinateur et Internet dans chaque salle de classe), ont des activités sportives intenses, apprennent à planter (légumes, fleurs et arbres) et à arroser leurs plantations ! Le résultat est très chouette ! Et, quant aux légumes, ils sont souvent servis à table ce qui les remplit de fierté !
L’étude obligatoire est parfois un peu pénible pour les professeurs qui se heurtent à des enfants (souvent les plus grands) peu dispos à étudier. Heureusement, la grande majorité VEUT apprendre et le montre.

Pour le reste, des moniteurs de sports les prennent en main pour le foot, le volley, le basket, la natation, le spiritball, et bien d’autres activités de jeux sportifs ! Et ça, ils aiment et personne ne réclame ! Après cela, douche et repas de midi ou goûter de 16 heures. Pour terminer la journée, notre bus les conduit ou à l’école ou chez eux.

Une journée vraiment bien remplie en complément de l’école de 4 heures par jour, une école rarement efficace depuis plusieurs années . L’envie d’étudier, la discipline, la lutte, la ténacité, la vie sociale et... la tendresse, ils l'apprennent à Crianças do Mundo ! Et ça marche, nom d’une pipe !!

Michel

dimanche 17 septembre 2017

Restez avec nous

Bonjour,

Eh bien oui! Je suis toujours là! Pas très en forme encore, mais je suis là! Il s’en est fallu de très peu! Bref, je suis revenu près de mes enfants, encore que ce soient eux qui viennent près de moi, toujours incapable de me déplacer. Mais c’est bien comme ça!
Une chose m’attriste à mon retour à la vie : il me semble que certains d’entre vous nous abandonnent car les finances de Crianças do Mundo ne vont pas trop bien ! Peu de versements, ces temps-ci, alors que nous avons tellement besoin de votre aide. Vous savez que nous ne faisons JAMAIS de dettes, ni n’entreprenons de projet sans être sûrs que nous aurons les moyens de le mener à bien. Mais la fin de l’année s’annonce difficile! Alors, s’il vous plait, pourriez-vous nous aider encore? Nous sommes un peu angoissés!!
Les enfants vont bien mais combien attendent encore notre aide? Or, les résultats sont là, même s’il serait idiot de chanter cocorico! Mais sans vous tous, nous sommes sans forces, sans possibilités d’accueil. Et moi, je ne veux pas être inutile. Alors ensemble, malgré les difficultés de toutes sortes, nous devons continuer notre lutte. RESTEZ AVEC NOUS. La situation politique, économique et sociale du Brésil est catastrophique et il devient impossible pour les jeunes de trouver le moindre emploi sans diplôme. C’est surtout là que nous les aidons à gravir les marches de l’emploi et d’une vie familiale enfin heureuse.
Bientôt, une autre façon de nous aider sera de commander votre plus bel arbre de Noël via https://noelpourtous.be ou d’acheter notre massepain de chaque année (dumontdech@gmail.com). Un délice ! Et c’est au profit de nos enfants!
On vous embrasse et...NE NOUS OUBLIEZ-PAS!
Michel