mercredi 14 septembre 2022

Nouvelles de 3ème trimestre 2022

Bonjour,

Le monde vit une époque très difficile. Les horreurs de la guerre en Ukraine, les changements climatiques de plus en plus évidents, avec de terrifiants incendies en France et dans d’autres pays européens ou de terribles inondations dans d’autres régions du globe, des orages terriblement destructeurs, des menaces de nouvelles famines en Afrique ... toutes des nouvelles qui font peur et font mal.

Ici chez nous, nous avons vécu un mois d’août douloureux, avec le 6 août l’anniversaire de Michel, le 11 août, le souvenir de son décès après quelques jours de grande souffrance à l’hôpital, et le 14 août, deuxième dimanche du mois, jour de la fête des pères au Brésil. Michel nous manque à chaque jour qui passe, mais il y a des dates plus marquantes et difficiles à vivre. Heureusement, l’amour, l’affection et le soutien de nos familles, de toute l’équipe ici, des enfants et de nos grands m’ont aidée à surmonter cette période douloureuse le mieux possible. Et nous allons de l’avant, ensemble, avec force et courage, comme Michel l’a toujours fait.

Et puis il y a aussi dans ce monde une énorme solidarité. Je crois très sincèrement et profondément qu’il y a beaucoup plus de gens bien sur terre que de gens mauvais. Des personnes de tous âges et de toutes conditions, de toutes races et religions, qui se soucient des autres et aident de leur mieux, dans tous les pays du monde. Et vous tous qui nous lisez et nous aidez, vous faites partie de ces gens BIEN ! Alors un immense merci pour tout ce que vous faites si fidèlement et généreusement pour nos enfants ! Et ensemble, continuons à nous soucier de tous ces enfants ; ils en ont tellement besoin !             

            Evelyne et Michel


              van der Meersch



   


Un manque d'amour intolérable

Nous sommes fin juillet. Un de nos enfants, un petit garçon de 10 ans qui s’appelle Matheus, manque de plus en plus souvent à Crianças do Mundo. Cela nous inquiète, car nous savons qu’il n’a pas une situation familiale stable. Nous essayons d’entrer en contact par téléphone avec la mère de Matheus, sans succès. Le rares jours où Matheus apparaît chez nous, il est sale, amaigri et manifestement affamé. Lorsque nous lui demandons pourquoi il est si souvent absent, il baisse la tête et ne répond pas.


Nous avons appris par une proche de la mère de Matheus que celle-ci allait bientôt déménager dans un logement social reçu de la préfecture. Il se situe bien plus loin de chez nous, dans un des quartiers les plus éloignés du centre-ville. La personne qui nous informe nous a dit que la mère de Matheus ne veut pas le prendre avec elle et qu’elle a placé Matheus chez une de ses filles aînées. Lorsque son amie lui a demandé pourquoi elle ne prenait pas son gamin avec elle, la mère de Matheus a répondu : « C’est toi qui vas payer les frais ? Ça coûte un gosse !» C’est vraiment affreux pour une mère de dire ce genre de choses ! 

Enfin, voilà notre petit Matheus chez sa soeur aînée. Les rares fois où il vient chez nous, je lui demande pourquoi il manque tant, et il me répond que sa soeur ne veut pas le laisser venir, car il doit garder son petit neveu d’un an et s’occuper de la maison. Elle lui aurait dit que maintenant qu’il vit chez elle, il ne doit pas s’imaginer qu’il va être nourri pour rien, qu’il doit faire quelque chose en échange... Pauvre Matheus ! Sa mère ne veut pas de lui « parce que ça coûte cher d’élever un gosse », et sa soeur ne l’accepte que parce qu’elle n’a pas le choix, mais il ne peut pas vivre chez elle «  gratuitement ». A 10 ans ! Ça fait vraiment très mal d’entendre ça et de voir le manque d’amour criant qui entoure notre petit Matheus. Il est rejeté de tous côtés. D’autre part, comment un enfant de 10 ans peut-il s’occuper d’un bébé d’un an ? C’est tout à fait insensé et irresponsable ! Que pourrait-il faire s’il arrivait quelque chose au bébé ?!

Devant cette situation, je décide d’aller rendre visite à la mère et à la soeur de Matheus.  Arrivée chez sa mère, je l’appelle et elle sort de sa maison. Je lui explique la raison de ma visite, notre grande préoccupation pour Matheus. Je lui dis que depuis que Matheus vit chez sa soeur, il manque tout le temps parce qu’elle ne le laisse pas venir chez nous. Je demande à la mère de reprendre Matheus avec elle, que c’est vraiment important pour lui. Mais elle ne veut pas. Elle me dit qu’il est bien mieux chez sa soeur, parce qu’elle est très sévère, qu’il en a peur, et qu’ainsi il lui obéit, tandis qu’avec elle, il n’écoute pas. Etonnant qu’une mère ne parvienne pas à faire obéir son gamin de 10 ans... J’insiste, disant que la place de Matheus est auprès d’elle, mais rien à faire, elle refuse de le reprendre. 

Je lui demande alors de m’accompagner chez la soeur de Matheus, pour que nous en parlions ensemble. Elle ne montre aucun enthousiasme, mais j’insiste. Je la sens assez nerveuse et elle tente alors à plusieurs reprises de téléphoner à sa fille, manifestement pour la prévenir de notre arrivée. Nous montons plus en hauteur sur la colline et nous arrivons chez sa fille. La barraque où ils vivent est vraiment en très mauvais état et tout est très sale. La mère de Matheus appelle sa fille, mais celle-ci n’apparaît pas. Nous entrons dans la maison et nous entendons des voix à l’arrière, mais personne ne vient. Je remarque sur la table un pot avec des cigarettes de Marijuana et je reconnais l’odeur qui plane dans la pièce. Il n’est que 10h du matin. Je remarque aussi quelques pierres de crack. Des cannettes de bière vides traînent par terre dans tous les coins. La mère semble gênée, c’est sans doute pour ça qu’elle voulait prévenir sa fille de notre arrivée, mais celle-ci n’a jamais répondu à ses appels. Je demande à la mère de Matheus qui habite dans la maison en dehors de sa fille aînée. Elle me répond qu’il y a  le copain de sa fille, ainsi qu’ un autre de ses fils, de 16 ans, avec sa petite copine. Manifestement, la consommation d’alcool et de drogue ne manque pas. J’essaye de faire comprendre à la mère que ce n’est vraiment pas un cadre de vie sain pour un enfant de 10 ans, mais elle n’a pas l’air de s’en soucier. Rien ne semble la convaincre que ce serait beaucoup mieux pour Matheus de retourner vivre avec elle. Mais elle ajoute qu’elle va veiller à ce que Matheus ne manque plus à Crianças do Mundo. Et après m’avoir dit ça, elle disparaît à l’arrière où elle va probablement parler à sa fille de ce que nous avons convenu. J’entends que ça discute ferme là derrière.

Elle réapparaît après quelques minutes et sa fille refusant manifestement tout contact avec moi, nous repartons. Pendant que nous redescendons la colline, j’entends en une fois des cris. Je me retourne et je vois la soeur de Matheus qui est enfin sortie de chez elle et qui, sur le chemin, hurle comme une furie un tas d’injures, probablement contre moi. Elle doit être en rage du fait que nous avons convenu sa mère et moi que Matheus devait venir chez nous tous les jours. La mère de Matheus fait semblant de ne rien entendre ; quant à moi, j’ignore ses cris et nous continuons à descendre la colline. De retour devant sa maison, je redis à la mère de Matheus qu’elle doit tenir parole et veiller à ce que Matheus ne manque plus à Crianças do Mundo. Elle promet et je repars. Je me sens impuissante, bouleversée par tout ce que j’ai vu et entendu. J’imagine l’enfer que doit vivre notre petit Matheus tous les soirs quand il rentre dans sa famille. Je me dis que si nous avions encore un internat, Matheus serait le premier à y être accueilli ; sa famille ne demanderait pas mieux que de s’en débarasser et Matheus trouverait enfin l’amour et l’affection dont un enfant a tellement besoin. Mais voilà, ce n’est hélas plus possible. Il va donc falloir essayer d’aider Matheus le mieux possible dans les circonstances actuelles.

Le lendemain matin, je suis au Centre d’Activités à 6h45, comme tous les matins, pour y accueillir les enfants quand ils arrivent avec notre bus. Je suis impatiente de voir si Matheus est venu. Mais hélas, lorsque tous les enfants sont arrivés, je constate qu’il n’y est pas. La promesse de la mère n’a pas été tenue. Je lui téléphone donc pour savoir pourquoi le petit n’est pas venu, alors qu’elle avait promis qu’il ne manquerait plus. Sa voix me dit qu’elle dormait encore, mais elle me répond qu’elle va demander à sa fille. Celle-ci lui répond par un message que la mère me transmet aussitôt. Le message est choquant. Ce ne sont qu’injures et gros mots, que je ne vous communiquerai pas ici. Juste un petit extrait, pour que vous compreniez avec qui notre petit Matheus est obligé de vivre. Sa soeur dit entre autres choses dans son message qu’elle n’est pas responsable si « cette m.... de Matheus » n’est pas allé à Crianças do Mundo, que c’est à lui de s’éveiller tout seul pour y aller ! Vous en connaissez beaucoup vous des enfants de 10 ans qui s’éveillent tout seul à 6h du matin pour partir à l’école ou ailleurs ?  La méchanceté et l’insensibilité de cette femme sont incroyables. Je crains que Matheus ne se fasse battre, car il est déjà arrivé plein de marques de coups dans le dos et sur les jambes et les bras. Matheus est un enfant martyr et notre impuissance fait mal.

Heureusement, le lendemain, Matheus est dans le bus. Je le vois arriver pour venir prendre son petit déjeûner. Il semble affamé, et mange trois petits pains avec deux verres de lait au chocolat. Lorsqu’il a fini de déjeûner, je l’appelle pour parler un peu avec lui. Je lui demande comment s’est passée la journée d’hier où il n’est pas venu chez nous. Il semble triste et me dit que sa soeur n’a fait que crier sur lui et l’insulter, le traitant de bon à rien. Je bavarde un peu avec lui, pour le consoler et lui dire qu’il est un formidable petit bonhomme et qu’il a beaucoup de valeur pour nous. Il dit qu’il aime beaucoup venir à Crianças do Mundo où il se sent aimé et où il a de bons copains, mais que ce n’est pas sa faute s’il manque souvent, il n’arrive pas à se réveiller tout seul. Comme je sais maintenant que sa soeur ne l’éveille pas le matin, je lui demande si ça l’aiderait d’avoir un réveil, et il me fait un grand sourire en me disant que oui. Je lui promets qu’il en aura un très vite. Je le laisse alors pour qu’il aille jouer un peu et se détendre avec les autres enfants avant son étude.

Je sors dans la matinée pour aller acheter un réveil pour Matheus. Comme ça, il pourra commencer à l’utiliser dès le lendemain. Et effectivement, tous les jours suivants, Matheus est présent ! Il est plus souriant, même si nous savons que sa vie en famille continue bien difficile pour lui. Je continuerai d’insister auprès de sa mère pour qu’elle comprenne enfin qu’elle doit reprendre son fils auprès d’elle. Au moins, maintenant qu’il ne manque plus chez nous, il est avec ses amis, il fait les activités qu’il aime, il est bien alimenté, et surtout, il reçoit beaucoup d’amour et d’affection de tous. C’est incontestablement ce qui lui manque le plus. Tout ce que nous offrons chez nous à tous nos enfants est important : l’éducation, l’alimentation, les vêtements, l’hygiène, l’étude et les jeux, le sport ... Mais sans l’amour et la tendresse, tout cela tomberait dans le vide et ne porterait pas ses fruits. Alors nous continuons, tous ensemble, à offrir à tous ces enfants blessés par la vie, un maximum d’amour. Et grâce à ça, ils vivent !

                                                                   Evelyne      


Jusqu'où cela ira-t-il?

Depuis la pandémie du Covid, la vie est devenue bien compliquée pour tout le monde. Beaucoup de choses ont changé : les relations entre les personnes, les contacts sociaux et professionnels, les liens familiaux ... Mais aussi le coût de la vie, ce qui est bien difficile à comprendre. En quoi une épidemie peut-elle changer ainsi le coût de la vie ? Quelle est la relation entre les deux ?

Est venue s’ajouter à tout ça l’horrible guerre en Ukraine. Ce qui s’y passe est innommable et la souffrance du peuple ukrainien est affreuse et fait peine à voir. Cette guerre a hélas aussi des répercussions dans le monde entier, humanitaires mais aussi économiques. Au Brésil comme partout ailleurs, les prix d’absolument tout ont flambé ! Aucun secteur n’est épargné et ici à Crianças do Mundo, nous en souffrons les conséquences également et de façon très dure et préoccupante pour notre avenir.

Au niveau alimentaire, beaucoup de produits ont tout simplement doublé ou triplé de prix, tels que le lait, les pâtes, les fruits et légumes, les oeufs, la viande et le poulet... Les autres aliments ont bien augmenté aussi, même les produits de base comme le riz et le « feijão », indispensables aux brésiliens. Viennent s’ajouter à la valse des prix des produits alimentaires, les augmentations de tous les autres produits, tels que l’essence, le diesel, les vêtements, les médicaments, le matériel scolaire, et tout le reste.

Pour compliquer encore davantage notre situation, nous subissons également la dégringolade sans fin de l’Euro. Or, nous vivons grâce aux Euros envoyés de Belgique et échangés en Reais, la monnaie brésilienne. Le taux de change ne cesse de chuter, et les Euros que nous échangions début 2021 à 6,50 Reais ne sont plus échangés actuellement qu’à 4,90 Reais. Une perte d’argent énorme pour nous, et des dons qui ont donc vu leur valeur être considérablement réduite. Nous perdons de ce fait sur les deux tableaux et notre situation financière actuelle est très difficile. 

Alors s’il vous plaît, continuez à nous aider ! Trouvez autour de vous une ou  deux personnes qui accepteraient de faire partie de notre cercle de donateurs, afin de compenser les pertes que nous subissons actuellement. Transmettez notre petit bulletin à d’autres afin de les intéresser à notre travail. Notre situation est tellement angoissante et nous craignons tellement pour l’avenir de Crianças do Mundo et de nos enfants ! Nous n’avons que vous à qui faire appel, alors je me permets de le faire. Merci à tous ceux qui nous permettront de continuer notre travail auprès des enfants !

                                                                                                              Evelyne


Enfin une aide brésilienne

Depuis déjà de nombreuses années, nous avions l’idée Michel et moi de faire le nécessaire pour l’installation de panneaux solaires, afin d’économiser en frais  d’électricité. Au Brésil, le soleil brille toute l’année et cela paraissait évident d’en profiter. Mais ce n’était pas possible à l’époque, vu le coût que cela engendrait et le manque d’installateurs dans notre région. Depuis quelques années maintenant, ces problèmes se sont réduits. Les installations sont plus accessibles financièrement et il existe dans notre ville une équipe de techniciens qui travaille dans ce secteur. Nous les avons fait venir à Crianças do Mundo afin d’évaluer les possibilités et afin qu’ils nous fassent un devis. Ceci fait, il nous restait à trouver les fonds nécessaires.

Pendant mon séjour en Belgique, j’essayai d’introduire le dossier. Pendant ce temps, notre équipe se mobilisait au Brésil également. Bruno, notre fils avocat, actuel président de Crianças do Mundo depuis le décès de notre ami Noraldo, parla d’une idée qu’il avait avec notre directrice actuelle Léia. De commun accord, ils introduirent le dossier auprès du « FIA, Fundo para a Infância e Adolescência », c’est-à-dire le Fonds pour l’Enfance et l’Adolescence. C’est un Fonds qui a été créé au Brésil et qui fonctionne à partir de donations d’entreprises, de sociétés, de particuliers ... , et qui leur permettent d’obtenir une déduction fiscale, comme cela existe depuis longtemps en Belgique.

Dans le courant du mois de juillet, la réponse à l’introduction de notre dossier est arrivée et elle était positive ! Notre demande était acceptée ! Nous avons été fous de joie, non seulement parce que ça représente pour nous une aide importante, mais aussi parce que c’est la première aide véritable que nous obtenons ici au Brésil. Une première victoire, nous l’espérons !

Nous avons reçu les fonds dans le courant de ce mois de septembre. Mais cette acceptation de notre dossier est liée à toute une série d’exigences du FIA. Nous devrons non seulement installer les panneaux solaires respectant la demande faite, mais nous devrons également impliquer toute notre équipe et tous les enfants dans ce dossier. Il faudra faire de nombreuses activités avec les enfants ayant une relation avec l’environnement, tels que : théâtre, jeux éducatifs, travaux manuels, petites plantations, conférences ... Tout cela sera contrôlé par le FIA, en plus d’un contrôle strict de l’installation des panneaux solaires. Nous avons donc déjà commencé la préparation de toutes ces activités. Cela demande beaucoup de boulot et d’énergie, en plus du quotidien, mais cela vaut vraiment la peine. Alors, au travail !


De l'eau plus économique

 Dans notre petit bulletin précédent, je vous faisais part de la générosité d’un donateur qui nous a permis d’acheter une nouvelle pompe pour notre puits artésien. L’ancienne pompe fonctionnait avec un vieux moteur Diesel de plus de 30 ans , qui consommait neuf litres par heure de fonctionnement et était prêt à rendre l’âme ! Vous imaginez le coût que cela représentait, surtout depuis l’énorme augmentation de ce combustible. Il nous fallait impérativement en changer.

Grâce à ce généreux donateur, nous avons pu réaliser la nouvelle installation du moteur, électrique cette fois, et de la pompe. Pour cela, il nous fallait évidemment l’électricité à l’endroit où fut creusé le puits artésien. Or, le puits se situe tout au fond de notre terrain, à côté du verger, c’est-à-dire à environ un kilomètre de nos divers bâtiments. Amener l’électricité jusque là représentait un coût, mais c’était indispensable. Pour creuser le sillon sur cette longueur, nous nous sommes renseignés sur le coût que cela représenterait de louer une machine. Il fallait environ 600 Euros. Le responsable de notre équipe d’ouvriers, apprenant ce prix, nous demanda d’attendre avant de louer cette machine. Et avec nos 2 autres ouvriers, ils entreprirent de creuser eux-mêmes ce sillon, avec une houe et la force des bras. En trois jours, ils terminèrent le travail. Grâce à leur effort, nous avons pu économiser 600 Euros ! 

Je tiens à vous raconter ce détail, car je veux que vous sachiez combien tous ici, nous valorisons vos dons. Nous avons une équipe formidable, je vous l’ai déjà dit à maintes reprises, non seulement pour tout le travail réalisé avec les enfants, mais aussi pour la conscience avec laquelle ils l’effectuent. Et chaque membre de cette équipe fait le maximum pour économiser, encore et toujours, et éviter des dépenses inutiles. Vos dons sont utilisés avec toute la parcimonie possible, vous pouvez en être certains. Et l’exemple que je viens de vous raconter n’en est qu’un parmi de nombreux autres.

Au bout de quelques jours de travail, la nouvelle installation pour le fonctionnement de notre puits artésien était prête. Nous disposons maintenant de la bonne eau de notre puits à un coût bien plus économique. A notre époque, si difficile, ça vaut la peine !

                                                                                           

                                                                                                                 Evelyne


En bref

  • En cette année 2022 auront lieu les élections présidentielles au Brésil. Le premier tour sera le dimanche 2 octobre et le second tour le dimanche 30 octobre. Ce seront aussi les élections pour gouverneurs d’état, pour députés et sénateurs. La campagne bat son plein, avec tout ce que cela amène « d’inconvénients » ! Je vous passe les détails...
  • La pandémie et ses deux années de fermeture des écoles publiques ont encore aggravé le niveau de l’enseignement, ainsi que le niveau des élèves. Des études sont effectuées régulièrement. L’une d’entre elles a démontré que 75% des élèves en fin de secondaire sont en retard de 4 -5 ou 6 ans en portugais. En mathématiques, la situation est encore plus catastrophique : il s’agit de 95% des élèves qui ont ce retard énorme. Et ce n’est pas le niveau de l’enseignement actuel qui va aider à remédier à cette situation dramatique.
  • Nos petites filles se sont super bien adaptées à leurs nouvelles conditions de vie au siège de Crianças do Mundo. Elles connaissent maintenant tous les espaces, tous les chemins dans le bois, toutes les possibilités qui s’offrent à elles, et elles sont manifestement très heureuses. Leurs sourires presque permanents nous le démontrent tous les jours. Elles arrivent parfois tristes le matin, car elles ont vécu des situations difficiles chez elles. Mais très vite l’ambiance chaleureuse chez nous leur fait retrouver le sourire et leur joie est contagieuse. Elle fait un bien fou à tous !
  • Le vendredi 26 août, nous avons organisé la « journée des cerfs-volants » avec tous les enfants. Nos professeurs les ont aidés à fabriquer chacun leur propre cerf-volant et ensuite, la journée du 26, ils ont pu les faire voler à volonté, garçons et filles réunis. . Qu’est-ce qu’ils étaient heureux !


Un immense merci, du fond du coeur


En janvier 1996, trois religieuses de la Congrégation des Soeurs de la Providence, dont la maison-mère est à Peltre, près de Metz en France, sont arrivées ici à Coronel Fabriciano, au Brésil. Il s’agissait de soeur Andrea, soeur Laurent et soeur Nicole. Elles venaient travailler avec nous à Crianças do Mundo. Le temps de trouver ce qu’elles souhaitaient faire exactement, elles nous ont aidés pendant un temps dans notre centre. Nous avions un objectif commun : créer un centre d’accueil et d’aide à la population la plus nécessiteuse. Nous avons donc acheté une maison qui était à l’abandon et nous l’avons restaurée, afin d’y créer ce centre d’accueil, que les soeurs ont appelé « La Maison du Partage », un nom très approprié au but qu’elles s’étaient fixé. La maison se situait au pied d’un bidonville, avec toute la misère dans lesquels vivent ces quartiers.

Pendant 25 ans, les soeurs y ont travaillé avec beaucoup de dévouement, de gentillesse et d’amour, accueillant la population locale pour des soins, soeur Laurent étant infirmière, et les femmes et les jeunes filles pour des cours de travaux manuels, tels que couture, crochet, broderie, peinture sur tissu ... Des petits enfants venaient aussi y jouer sur la terrasse. Soeur Andrea étant décédée, et soeur Nicole étant partie travailler au sein de la paroisse, d’autres religieuses sont venues prêter mains fortes à soeur Laurent, arrivant du Togo ; il y eut d’abord soeur Christine, ensuite soeur Angèle et en dernier soeur Elisabeth. 

Il ne reste plus actuellement que soeur Laurent et soeur Elisabeth, soeur Nicole étant décédée également, le 11 mars 2021. Ne parvenant plus à envoyer de nouvelle aide de France ou du Togo, et soeur Laurent ayant atteint l’âge honorable de 80 ans en avril de cette année, il n’était plus possible de continuer le travail à la Maison du Partage qui avait dû fermer ses portes depuis la pandémie de 2020. Soeur Laurent a beaucoup travaillé pour la population pendant ces 25 ans et elle mérite largement de prendre du repos. Elle rentrera donc définitivement en France à la fin de cette année. Quant à soeur Elisabeth, au Brésil depuis une quinzaine d’années, elle rentrera dans son pays d’origine, le Togo, où le travail ne manquera certainement pas pour elle. Nous avons donc fermé la Maison du Partage. C’est une page de l’histoire de Crianças do Mundo qui se tourne. Mais une tranche de vie des religieuses et de nous tous, qui aura vraiment valu la peine et rendu d’énormes services à la population de plusieurs quartiers pauvres de la ville. Merci à soeur Laurent et à soeur Elisabeth, ainsi qu’à toutes celles qui auront collaboré à ce magnifique travail en faveur des plus défavorisés.                                                                    Evelyne