dimanche 17 septembre 2017

Finalement, nous avons beaucoup de chance!

Vous tous, nos amis et lecteurs fidèles de notre petit bulletin trimestriel, savez les difficultés par lesquelles nous passons Michel et moi depuis 4 ans maintenant. Les sérieux problèmes de santé de Michel ont bouleversé notre vie quotidienne et ont changé complètement nos activités auprès de nos enfants. Mais la vie est ainsi faite et il faut accepter le destin qui nous est tracé de la meilleure forme possible, même si celui-ci nous semble parfois bien cruel et injuste.
En même temps, cette épreuve si pénible nous montre aussi combien nous avons de la chance. La chance d’être entourés de façon merveilleuse par tous nos enfants, nos grands, nos amis et toute notre équipe professionnelle, sans compter bien entendu sur le soutien inconditionnel de nos familles en Belgique. Le 20 juin, après 33 jours d’hospitalisation dont 21 en état grave en soins intensifs, Michel est libéré de l’hôpital et nous pouvons rentrer chez nous. Au départ, cela nous surprend et nous effraye même un peu, car l’état de Michel est loin d’être bon. Il est terriblement affaibli, ne sait pas marcher et souffre d’escarres terribles attrapés en UTI et demandant des soins importants. Comment allons-nous nous en sortir seuls à la maison?... Seuls?!  Non, alors là, vraiment pas!
Lorsque nous apprenons que Michel sera libéré de l’hôpital le lendemain, je me rends très vite  à la maison, à Crianças do Mundo, et j’explique la situation. Tout de suite, notre équipe se met en quatre pour résoudre les problèmes pratiques. Noraldo, notre nouveau Président, se charge d’acheter chaises roulante et de bain, matelas spécial, médicaments et tout le matériel de soins nécessaire... Nos deux maçons prennent en charge les travaux à faire dans la maison, entre autres agrandir la porte de la salle de bain où la chaise roulante ne passerait pas. Notre menuisier remplacera la porte et prend en charge la fabrication des 5 rampes nécessaires, car il y a un peu partout dans la maison des petites marches à franchir.
Losque nous quittons l’hôpital en ambulance le lendemain et que nous arrivons à la maison, tout le monde est là, attendant anxieusement le retour de Michel. Malgré son état de faiblesse, le climat est de grande joie de le retrouver et le voir revenir à la maison. A notre arrivée, tout est prêt, les rampes installées, la porte agrandie, tout le matériel à disposition... tout ça en 24 heures, c’est vraiment formidable et incroyable!
Deux de nos aînés, Webert et Ramon, sont présents eux aussi à notre arrivée et nous annoncent tout de suite qu’ils vont s’installer chez nous pour nous aider. Ils resteront tout le temps nécessaire à la récupération de Michel. J’avoue que je me sens bien soulagée à cette nouvelle. Je me demandais comment j’allais pouvoir aider Michel, seule avec lui à la maison. Car  l’aide dont Michel a besoin requiert à certains moments une force physique que je n’ai pas. Webert et Ramon ont été internes chez nous pendant une quinzaine d’années. Nous avions accueilli Webert lorsqu’il avait 8 ans; il en a 35 maintenant. Et Ramon avait 10 ans lorsqu’il est venu vivre avec nous et il en a maintenant 32. Il y a déjà quelques années qu’ils volent de leurs propres ailes, mais nous les voyons régulièrement et ils dînent souvent avec nous, car ils habitent tous deux à Coronel Fabriciano. Les voilà donc de retour chez nous pour une durée indéterminée. Leur dévouement et leur gentillesse, la façon si affectueuse dont ils s’occupent de Michel est très touchante.
Les premières semaines à la maison sont  bien difficiles, et l’aide autour de nous est vraiment la bienvenue. Soeur Laurent-Marie, une des religieuses françaises qui travaillent à la Maison du Partage et qui est infirmière, a accepté de s’occuper des soins de Michel, car ses escarres demandent des soins quotidiens. Tous les matins après le bain, elle vient faire les soins avant d’aller travailler à la Maison du Partage. Elle aussi est une aide bien précieuse. Nos deux grands s’organisent pour qu’au moins un des deux soit présent à nos côtés, à toute heure de la journée et de la nuit, c’est rassurant. Toute cette aide autour de nous est tellement importante et nous réchauffe le coeur, en cette période si pénible de notre vie.
Grande surprise aussi fin juin : ma soeur Béatrice vient nous rendre visite. Elle a décidé de quitter la Belgique pendant deux semaines, pour venir nous aider. Sa présence auprès de nous pendant ces 15 jours est pour Michel et moi un baume au coeur, un grand soutien moral, et ça nous fait un bien fou. Cela fait plus de deux ans que nous ne nous voyons pas. Nos longues conversations, ses encouragements, son soutien à tous niveaux nous aident vraiment beaucoup et son énergie et sa bonne humeur séduisent tout le monde à Crianças do Mundo. Lorsqu’elle nous quitte après ces deux semaines, le vide se fait bien sentir...
Nous sommes aussi bient entourés par tous nos enfants, qui viennent régulièrement rendre une petite visite à Michel à l’heure de la récréation, par petits groupes de 4-5. Et tout notre personnel défile à tour de rôle pour bavarder un peu avec Michel et prendre de ses nouvelles. Notre équipe pédagogique nous rassure en prenant très bien en charge le travail avec les enfants, de façon très compétente. Nous leur faisons entièrement confiance.

Les jours passent et voici maintenant deux mois et demi que Michel a quitté l’hôpital et est rentré à la maison. Sa convalescence se poursuit, avec des hauts et des bas; c’est très long et loin  d’être facile, mais son état évolue lentement. A force de beaucoup de patience et de courage, il se remet petit à petit. Nous ne voyons pas encore le bout du tunnel, mais le soutien et l’affection inconditionnels de tous autour de nous est un moteur incroyable et nous aident à ne pas laisser tomber les bras et à continuer à faire face, chaque jour, aux épreuves qui se présentent. Grands et petits sont là, quotidiennement, à nos côtés et nous ne nous sommes jamais, à aucun moment, sentis seuls et abandonnés à notre triste sort. Si tous ceux qui passent par de telles épreuves pouvaient être entourés de la façon dont nous le sommes, le monde serait merveilleux. Oui, nous avons beaucoup, beaucoup de chance!!!
Evelyne

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