lundi 22 juin 2015

Nos enfants

Nos enfants viennent tous de milieux familiaux complètement détruits, sans aucune structure, pourris par la drogue , l’alcool et la misère pure où l’enfant est totalement laissé à lui-même, où les «parents», s’il y en a, n’ont aucune capacité de ne fut-ce que comprendre ce que c’est qu’un enfant, une responsabilité ou « l’Education ». C’est ainsi que certains vivent en rue (pour s’évader de l’ambiance familiale), d’autres sont esclaves de la famille et sont roués de coups à tout moment et pour n’importe quoi, d’autres encore sont obligés de dormir dans le même lit qu’une mère droguée et ivre qui ne lui permet pas de dormir 15 minutes par nuit, à cause de ses délires bruyants, et ses déjections fréquentes de tous les côtés (notre petit bonhomme de 9 ans qui veut vivre sous les ponts, vous vous souvenez ?) ;  d’autres, enfin, n’ont jamais connu autre chose que drogue, violence et assassinats. Un de nos enfants a déjà eu (à 10 ans) 2 frères, un cousin et un oncle assassinés froidement !

Et voilà Crianças do Mundo, Evelyne et Michel et beaucoup d’autres personnes merveilleuses, essayant de faire quelque chose, de faire CHANGER les choses, de distribuer un peu de tendresse à ces mouflets pour qu’ils sachent d’abord que cela existe et qu’ils puissent ensuite un peu oublier, pendant quelques heures par jour, l’enfer de leur vie ! Et ce n’est pas gagné, croyez-le ! Mais on y arrive parce que l’on s’y accroche, l’on y croit et l’on ne baisse pas les bras !
Mais le plus dur, peut-être, est de voir que quelques-uns de ceux qui nous soutenaient s’en vont petit-à-petit ou nous oublient parce que , sans doute, leur vie à eux, en Europe, est devenue aussi un peu plus difficile....Alors, on coupe le beurre, les sorties le soir, quelques restaurants et quelques enfants misérables du Brésil ! C’est tellement loin, le Brésil ! Et puis, ces enfants-là ne le sauront pas ! Non ! ... Ils le sentiront !

Il y a quelques années, nous avions plus de 250 mômes accueillis à Crianças do Mundo. Ces enfants-là avaient , en général, une famille pleine de bonne volonté mais misérable et étaient conscients de la chance qu’ils avaient de pouvoir bénéficier de l’aide de Crianças do Mundo.

Aujourd’hui, pour des raisons financières,  nous avons moins de 150 enfants, mais des enfants beaucoup plus nécessiteux d’aide, d’appui et de tendresse : des enfants perdus.

S’il faut aller mendier pour ces enfants, nous irons ! On ne peut plus les laisser tomber, ce n’est pas moralement possible !

Mais tout le monde a tellement à faire et à s’inquiéter ! Il y a les extrémistes de tout type, les voleurs, les bandits de nos routes, les amendes pour excès de vitesse, les tsunamis, les tremblements de terre, les inondations, la sécheresse, la pension de retraite trop petite, le coût de la vie qui augmente...alors, les enfants brésiliens d’Evelyne et Michel... ! !

Michel

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