jeudi 19 mars 2015

Mais ce n'est pas tout...

Ce mardi 3 mars, un de nos enfants, Gustavo, 10 ans le 5 mars, vient de perdre son père, assassiné dans la rue.  Il avait 28 ans.  Gustavo est un petit garçon hyper sensible et ce drame le perturbe profondément. Il a maintenant besoin de beaucoup de soutien, même si nous savons que c’est une blessure au coeur inguérissable. Nous ne pouvons que l’aider à le surmonter.

Parmi nos enfants, plusieurs sont hélas déjà passés par la même expérience traumatisante. Arthur, 10 ans, a perdu un frère, un oncle et un cousin, assassinés tous trois pour dette ou trafic de drogues. Marcelo a perdu un cousin, assassiné également pour trafic de drogue. Notre Vinicius a lui aussi déjà perdu un cousin et un oncle, assassinés pour les mêmes motifs. Ces drames deviennent hélas de plus en plus courants. Déjà 29 assassinats dans notre ville de Coronel Fabriciano depuis le début de l’année 2015. La plupart des victimes sont des jeunes, 23 ans de moyenne d’âge, et ces meurtres sont presque toujours liés à la drogue.

A Rio de Janeiro, les choses sont encore bien plus terribles. Non seulement beaucoup de jeunes dans la drogue se font assassiner. Mais la population est en danger permanent, à cause des trafiquants qui dirigent tout et affrontent régulièrement la police à coups de tirs d’armes lourdes. 14 personnes, en moyenne, y sont atteintes par mois par des balles perdues. En cette année 2015, 34 personnes ont été atteintes par ce type de tirs rien qu’en janvier, dont plusieurs enfants.

Nous espérons que notre ville n’atteindra pas de telles statistiques. Nous sommes conscients que c’est la drogue qui est à la base de toute cette violence. Les autorités ne parviennent plus à enrayer ce cycle et nous devons faire notre part avec nos enfants, afin de les protéger au maximum. Les enfants des rues tombent presque toujours dans la drogue, c’est devenu inévitable. En retirant les enfants de la rue et en les accueillant chez nous, nous pourrons en sauver beaucoup de cette vie marginale. Nous voulons garder l’espoir de pouvoir les protéger et leur montrer le chemin d’une vie meilleure. Chaque enfant accueilli chez nous est sans doute une vie sauvée. Ça vaut la peine!

                                                                           Evelyne

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