vendredi 18 septembre 2020

Un geste simple mais si beau!

 Ce mercredi 9 septembre après-midi, nous partons à nouveau Sidney et moi faire la tournée de distribution des cahiers à nos enfants. Comme à chaque fois, tout se passe très bien et peu d’enfants manquent au rendez-vous. 

Lors d’un arrêt dans un quartier bien pauvre, après avoir remis cahiers et goûters à nos enfants, nous nous apprêtons  à repartir vers un autre point de rencontre. La porte d’une masure s’ouvre lentement, et un peu méfiant, un vieux monsieur vêtu très pauvrement sort et s’adresse à nous. Il begaye très fort, mais nous l’écoutons patiemment. 

Il regarde notre camionnette, voit l’adhésif avec le logo et demande si nous sommes bien de Crianças do Mundo.

Devant notre confirmation, il met la main à sa poche et en sort un billet de 2 reais (l’équivalent de 35 centimes d’euros). Il s’approche de moi et me tend son petit billet. Il me dit que c’est très beau le travail que nous réalisons avec les enfants. Il tient à nous remercier, car si davantage de personnes faisaient ce genre de travail, le pays irait mieux. Il ajoute que les enfants sont  l’avenir du Brésil, que ce sont les futurs professeurs, ingénieurs, médecins, menuisiers ... et que si personne ne les aide et ne leur permet de se former, le pays continuera dans ce chaos que nous vivons aujourd’hui, sans honnêteté, sans volonté politique d’améliorer le sort de sa population. La seule façon qu’il a de nous aider, c’est de nous donner cette petite somme d’argent. 


Nous sommes bouleversés et profondément touchés par le geste de ce vieux monsieur. Nous ne savons que lui dire sinon un tout grand merci. Ce billet dérisoire de 2 reais représente bien davantage que sa valeur réelle. Pour ce monsieur si pauvre, c’est beaucoup et il s’en prive pour aider des enfants qu’il ne connaît même pas. Malgré sa pauvreté, il comprend très bien ce qui se passe au Brésil. Ses paroles montrent combien il est sensible à la situation de son pays et combien il voudrait que les choses changent. Avant de repartir, nous le remercions à nouveau en lui serrant très fort la main, même si c’est déconseillé. Son geste mérite cette reconnaissance. Nous repartons et restons en silence, Sidney et moi, pendant un long moment, émus de ce que nous venons de vivre. Je raconte l’histoire à Michel en rentrant. Lui aussi est très touché par le geste, peut-être symbolique mais tellement sincère et généreux, de ce vieux monsieur. Ce sont souvent les personnes les plus simples qui ont une vraie vision de notre monde. Et ce monde, souvent montré si laid et inhumain, a été embelli aujourd’hui par la générosité d’un vieux monsieur pauvre.     


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